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Publié par BALCHOY

Une émission passionnante consacrée au Thibet sur la 5. Il s'agit de la formation d'un groupe de jeunes garçons à l'alpinisme par des guides de montagnes français. Bien entendu nous avons eu droit, d'une façon mesurée cependant, à la présentation occidentale du problème thibétain. Depuis sa fuite à l'étranger,il n'est plus permis de  se référer officiellement ou de représenter à Lhassa le Dalaï Lama, mais les thibétains ont le droit de pratiquer librement la religion de leurs ancètres. Il est vrai  aussi que les Chinois vivent de plus en plus nombreux dans la région.

 Tous ceux qui ont des atlas relativement anciens verront bien que le Thibet  faisait partie intégrante de la Chine même si l'isolement montagneux favorisait une automnomie de fait de cette région. Tout n'était pas idyllique au pays des bonzes; la société dominée par les monastères évoquait un peu notre moyen-âge et sa féodalité. Les paysans y étaient plutôt des serfs.La terre appartenait essentiellement aux monastères.

"L'invasion" des chinois au Thibet n'a pas eu lieu dès la proclammation de la république populaire de Chine. Au début un modus vivendi s'est établi entre le pouvoir religieux et la jeune république.Le Dalaï Lama acceptait son appartenance à la Chine et la Chine respectait largement le mode de vie des Thibétains Ce n'est que plus tard quand, attisée partiellement par des média occidentaux, une partie du peuple thibetain a voulu faire sécession au sein de la Chine. L'armée chinoise est alors intervenue et peu à peu une des chinois sont venus s'établir au Thibet. 

 C'est vrai Lhassa aujourd'hui a bien changé.  Nombreux y sont encorre  les monastères avec moins de moines cependant, beaucoup de fidèles font toujours tourner les moulins de prière. Mais la ville sainte du Bouddhisme a aussi ses HLM, ses dancings et d'autres signes de son appartenance à la modernité universelle.

 L'émission fait allusion au Panchen Lama (responsable plutôt de l'organisation civile du pays dont le Dalaï Lama est le chef spirituel.) qui un jour s'est opposé au pouvoir Chinois en défendant le Dalaï Lama. Aujourd'hui en tout cas, il est reconnu par Pekin comme un responsable local comme l'était au début le Dalaï avant sa rebellion et sa fuite à l'étranger. En bref,  il y indiscutablement une prise en main du Thibet par le pouvoir central  chinois depuis la rebellion des moines et d'une partie du peuple mais le Thibet reste une région autonome et ceux qui veulent pratiquer le bouddhisme particulier du pays sont libres de le faire. Mais en même temps il n'y a plus de servage, l'agriculture s'est émancipé des monastères et une partie de la population suit l'ensemble de la Chine communiste dans sa modernité. En un sens ce Thibet d'aujourd'hui plus développé, plus démocratique même si la présence Chinoise peut parfois sembler pesante n'est pas vraiment ce qu'une propagande agressive desmédias occidentaux veut nous faire croire.

 Mais revenons à nos jeunes candidats alpinistes et aussi, ils l'espèrent,  futurs guides de montagnes de leur beau pays. Nous les découvrons vraiment novices et ayant pour ainsi dire tout à apprendre. Il ne faut pas oublier que dans leurs traditions  les cimes de l'Himalaya sont supposées être la demeure des dieux locaux et c'est un sacrilège que de vouloir les rejoindre.

Nos jeunes issus souvent de milieux ruraux ont donc tout à apprendre. Ils sont plein de bonne volonté même si certains d'entre eux éprouvent quelques scrupules religieux à affronter les pentes de la montagne. Nous découvrons aussi qu'entre eux exste une émulation certaine car ils savent que seuls les meilleurs d'entre eux auront la chance soit d'apprendre l'escalade en France pour les meilleurs, soit de continuer leur formation au pays. Les moins performants retourneront mener la vie assez pauvre de leur village.

Nous assistons tout au long du reportage à l'apprentissage ardu et courageux de ces jeunes très à l'aise avec leurs moniteurs français et progressant pas à pas d'abord en escaladant de petits rochers comme on pourrait en trouver dans la vallée de la Meuse puis en apprenant à cheminer dans les glaciers.

Leur formation se conclut par un examen sérieux et multiple dont l'épreuve reine est l'ascension d'un six mille mètres. Tous n'y arrivent pas mais ceux qui y parviennent fiers et heureux exhibent fièrement les drapeaux chinois et thibétain au sommet.

Un ministre vient les inspecter et leur rappelle tout ce que le pays attend d'eux. J'ai l'impression que ces jeunes passionnés se sentent tout à la fois Thibetains et Chinois qu'ils ont surtout l'ambition de devenir guides de montagnes conscient que c'est-là un métier qui leur donnera une toute autre vie y compris financièrement. En ce sens là ils font bien partie de la Chine moderne partagée entre idéologie marxiste et pratique souvent de type capitaliste.

Dans le reportage une scène particulièrement émouvante et positive donne une image très positive de la politique d'intégration des handicapés dans la Chine d'aujourd'hui; deux jeunes aveugles sont initiés aux joies de l'escalade aidées  par les guides français mais aussi par leur camarades néo-alpinistes. La scène est magnifique et le courage et l'adresse de ceux jeunes aveugles incroyable. La fierté est autant présente chez ces deux garçons qui dominent leur peur de grimper dans l'obscurité un rocher difficile et les candidats guides de montagnes  heureux et fiers manifestement aussi d'être arrivés à aider leur compatriotes handicapés à réussir ce qui est pour eux un vrai exploit sportif et humain.

Ce que je retire ce cette émission intéressante et révélatrice d'un nouveau Thibet c'est que la vérité est souvent bien au-delà des propagandes pro et contra concernant ce pays qui n'est ni un paradis communiste ni non plus une sorte de gigantesque goulag comme nos média cherchent parfois à le représenter. Indiscutablement il y a de nombreux progrès sociaux dans ce nouveau Thibet même si on peut déplorer que l'immigration de très nombreux chinois Han ne modifie peu à peu  sensiblement la population et les particularités historiques de cet attachant peuple de l'Himalaya.

Yvan Balchoy

balchoy@belgacom.net

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien que le Thibet soit un pays très montagneux, il n'y avait pas de tradition alpiniste puisque le sommet des montagne, refuge des dieux, était inviolable sous peine de sacrilège. Ainsi les jeunes paysans qui prennent avec les guides français leurs premières leçons d' escalade ont tout à apprendre. Certains d'entre eux éprouvent d'ailleurs des scrupules moraux ou religieux d'escalader les flancs de ces montagnes hier interdites. ,

 

Mais la plupart sont plutôt conscients de l'enjeu de la chance extraordinaire qu'ils ont d'échapper à la pauvreté générale dxe leur village en  guidant demain des touristes vers les plus hauts sommets du monde.

Nous assistons aux premières leçons de ces jeunes gens de bonne volonté certes mais totalement inexpérimentés. Il s'agit de vrais cours avec épreuves et examens et entre eux se développe une émulation assez vive car ils savent bien que seule une minorité d'entre eux pourra poursuivre l'apprentissage de ce difficile métier, en suivant pour certains à l'étranger les guides français  ou en continuant leur formation dans la montagne Thibetaine.

A les regarder apprendre à placer mains et pieds pour se hisser en toute sécurité au sommêt des petits rochers qu'il leur faut d'abord escalader, on n'a pas l'impression que ces jeunes ont la moins expérience de l'alpinisme. De jeunes belges feraient aussi bien.

Nous les voyons progresseru peu à peu sous l'impulsion très amicale et encourageante de leurs moniteurs.

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