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Publié par YVAN BALCHOY

« Dans quelques heures, je ne serai plus de ce monde. Nous allons être fusillés cet après-midi à 15 heures. Cela m'arrive comme un accident dans ma vie, je n'y crois pas mais pourtant je sais que je ne te verrai plus jamais.
Que puis-je t'écrire ? Tout est confus en moi et bien clair en même temps.

Je m'étais engagé dans l'Armée de Libération en soldat volontaire et je meurs à deux doigts de la Victoire et du but. Bonheur à ceux qui vont nous survivre et goûter la douceur de la Liberté et de la Paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement. Au moment de mourir, je proclame que je n'ai aucune haine contre le peuple allemand et contre qui que ce soit, chacun aura ce qu'il méritera comme châtiment et comme récompense.

Le peuple allemand et tous les autres peuples vivront en paix et en fraternité après la guerre qui ne durera plus longtemps. Bonheur à tous... »

Le 21 février 1944, 23 résistants communistes (du « groupe Manouchian », du nom de son leader, Missak Manouchian, auteur des quelques lignes ci-dessus, issues de sa dernière lettre à son amoureuse, Mélinée), sont fusillés par les nazis en France.

Comme l'écrira quelques années plus tard le poète communiste Aragon :

« Ils étaient vingt et trois quand les fusils fleurirent
Vingt et trois qui donnaient le coeur avant le temps
Vingt et trois étrangers et nos frères pourtant
Vingt et trois amoureux de vivre à en mourir
Vingt et trois qui criaient la France en s'abattant »

« La mort n'éblouit pas les yeux des Partisans »

L’image contient peut-être : 6 personnes, personnes debout et plein air
 
 

EN 1945, j'avais neuf ans, même dans ma famille chrétienne bourgeoise, chacun savait que parmi les résistants au nazisme, nombreux, les plus nombreux souvent , se réclamaient du communisme soviétique et le camarade Staline y était considéré  comme le premier  leader d'un pays dont vingt millions de victimes civils ou militaires ont donné leur vie en son nom pour restaurer la liberté de  leur pays et même de toute l'Europe. Ceux qui aujourd'hui au plus haut de l'Etat mettent sur le même pied Vlaamse Belang et PTB sont des imposteurs de l'histoire.

Yvan Balchoy

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