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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (399)

La Foi chrétienne est toute entière marquée du sceau de l’Esprit, autrement dit de la liberté spirituelle.

Elle seule la possède en plénitude ; il n’existe qu’une seule anthropologie universelle, celle qui est liée à l’Idéal incarné par Jésus-Christ.

Il est regrettable que Dostoïevski, pour mieux exprimer la richesse inouïe et la nécessité du Salut proclamé par le Christ ait noirci la « création première », c’est-à-dire ce que nous appelons le « naturel ».

Il risque ainsi, en accentuant le désespoir de l’homme livré à ses propres capacités de concevoir la Foi à partir des besoins de l’homme et de revenir ainsi à un certain idéalisme.

Le sens divin du monde, l’immortalité de l’âme, la croyance au ciel, même s’ils récupèrent Jésus, peuvent-ils exprimer la Foi s’ils ne sont situés au-delà de la recherche de l’homme.

La Foi doit adhérer à une révélation positive sous peine d’être une sorte de tranquillisant qui étanche illusoirement notre soif de bonheur.

C’est peut-être pour cette raison que l’écrivain n’a pas toujours réussi à éviter un idéalisme quand il était question du Christ.

C’est particulièrement évident à propos du Prince Mychkine ; dans ses notes, il précise son dessein : « représenter un homme « entièrement beau ».

Le résultat fait plutôt penser à une recherche forcenée d’idéal plutôt qu’à l’accueil de la lumière.

Il y a un peu chez lui de « Donquichottisme ».

Mychkine est une belle parabole du Christ, mais d’un Christ qui ne serait pas celui de l’Evangile.

Il n’en demeure pas moins vrai que dans la figure du « Verbe fait chair », Dieu, le cosmos et l’homme demeurent essentiellement énigmatiques.

Devant le Christ, Dostoïevski échappait à ses continuelles et tragiques alternances de foi et d’incrédulité.

Devant l’Homme-Dieu il en arrive à comprendre à la fois qui est Dieu et qui est l’homme.

Le christ lui était preuve existentielle de Dieu (Cf. la confession de Mme van Wisine qui réduit à néant tous les arguments spéculatifs avancés contre son existence.

Il n’a pas besoin de paroles ou d’arguments pour prouver sa Vérité ; » Il est lui-même la Vérité. »

Créé à l’image de Dieu, mais aujourd’hui déchu puisque pécheur, l’homme ne peut plus s’accomplir en plénitude et par le fait même réaliser la volonté de Dieu, source de sa joie et de don bonheur, qu’en adhérant personnellement, c’est-à-dire librement au don divin identifié au Christ, son idéal de toujours.

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