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Publié par BALCHOY

 

 

Ce matin sur Antenne 2,  l'émission "Présence Protestante" a présenté, sous la forme d’une biographie imagée, la vie et l'action de Michel Rocard, un homme qui dès le début de sa vie a considéré à partir de sa foi que sa vie avait aussi pour but de venir au secours d'hommes et de femmes meurtris par la vie.

Scout de base puis vite responsable en ce mouvement,  il participe à l'accueil des rescapés des camps de la mort et y découvre jusqu'où peut aller la méchanceté des hommes à travers des idéologies nées pourtant au départ du suffrage populaire comme le nazisme.

 

Plus tard, devenu par conviction socialiste, il est envoyé en Algérie où il découvre le regroupement forcé des paysans dans des villages artificiels mieux contrôlables par les forces armées mais où on mourrait littéralement de faim.

 

Se confiant à son retour,  en autres au Ministre Michelet, il témoigne et agit pour tenter d'humaniser cette guerre coloniale. 

Lors de la grande révolte Canaque avec Jean Marie Tchibao, après les évènements  d'Ouvéa, suite à une prise d’otage de gendarmes dans une grotte, fut  perpétré un massacre suite à un accord contre nature entre le colonialiste Pons, Jacques Chirac et le président Mittérand, ce qui paradoxalement  assura la réélection du président socialiste.

 

Mais confirmé dans sa charge,  Mitterrand dut bien reconstruire les morceaux  résultant de ce désastre et il confia cette mission à Michel Rocard.

Très adroitement, le premier ministre socialiste réussit à engager un dialogue fructueux entre le chef des Canaques et celui des "Européens" ce qui ramena  une certaine paix sur le"caillou".

 

Enfin  Michel Rocard joua un rôle très important dans la recherche d'une solution né du drame de plus en plus grave des nouveaux Pauvres.

A ce sujet, il rappelle l'équilibre relatif social des trente glorieuses durant l'après-guerre. Certes il y avait alors comme toujours dans la société des plus riches et des plus pauvres. Mais en grande majorité les hommes réussissaient à prendre part et à profiter de la vie sociale. L’homme d’état socialiste rappelle qu'en ce temps-là entre les grands patrons et leurs ouvriers l'écart de salaire était de un à trente.

 

 Avec la gourmandise, l'avidité monstrueuse, - le mot est de Rocard - des nouveaux actionnaires et des nouveaux Patrons exigeant dans les années 90 un écart de rémunération jusqu'à 400 ou plus entre eux et  leurs subalternes, l'équilibre social fragile d'avant s'effondra.

 

 Un nombre de plus en plus important de travailleurs et de travailleuses furent éjectés du monde de travail et plongés dans cette misère qu’avait déjà condamnée avec tant de force l'Abbé Pierre.

C'est alors, comme une timide réponse  à ce drame social que fut créé le RMI qui allait devenir plus tard la RSA et Michel Rocard, fidèle à lui-même et à sa foi, joua  là un rôle essentiel dans cette innovation qui permettait d'assurer à tout homme, même handicapé ou inapte au travail,  une existence difficile certes mais qui lui assurait un minimum vital. 

Ainsi cette excellente émission consacrée à ce leader politique  protestant a-t-elle démontré combien une foi agissante peut changer la société et Michel Rocard qui avait choisi la politique, si souvent désastreuse pour les hommes, afin de la changer en action  bénéfique au nom de l'esprit de l'Evangile, prouve combien l'idée de "Tous pourris" est à rejeter  car parmi les hommes politiques, comme parmi autres catégories sociales il y a des idéalistes réalistes qui sèment des graines  de solidarités entre les hommes.  Michel Rocard fut sans conteste l'un d'eux.

 

Le monstrueux capitalisme actuel écrase les faibles de plus en plus nombreux pour nourrir l'avidité de quelques chefs d'entreprises ou d'actionnaires qui mettent peu à peu la main sur le magot planétaire en laissant comme dans le livre de job de simples miettes pour le majorité des hommes.

 Quand je vois des Président de sociétés, des artistes quitter par chantage leur pays pour échapper à la solidarité de l'impôt, trouver normal de posséder pour eux seuls  des dizaines de milliards de dollars quand, chez nous,  tant d'hommes et de femmes, végètent dans les rues où il meurent de faim ou de froid, je pense à Jésus de Nazareth mais aussi à Marx dont le message condamne cette inhumanité totale.

 

Il est temps que de nouveaux Abbés Pierre, de nouveaux Rocard, de nouveaux Chavez surgissent pour  nous rappeler la nécessité impérieuse d'une solidarité plus active entre les plus riches et les plus pauvres.

 

 


Yvan Balchoy

Yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blogh.com

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