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Publié par YVAN BALCHOY

 

J'écoute pour l'instant une émission qui rappelle la ferveur populaire qui secoua la France suite aux attentats ignobles de Charlie Hebdo. Il est question d'un ouvrage : «Qui veut tuer la laïcité» ? Je crois que le sujet est capital mais qu'il mérite un vrai débat et non, comme c'est le cas, à la radio, une dissertation très hostile à ce courant de l'Islam liés aux "Frères Musulmans".

Je suis personnellement hostile à ce type de croyance religieuse qui existe bien dans le Christianisme souvent à l'extrême droite, qui existe dans certains milieux sionistes où le description de ce qui est « Kacher » finit par transformer la foi si monothéiste  de la Thora en une société fermée où des juifs sans dieu prétendante avec les rabbins maintenir des institutions religieuses rigides tout en déployant une grande hostilité à tout ce qui ne semble pas cohérent avec une lecture littérale et presqu'aveugle des textes sacrés.. Heureusement, en dehors des mentalités sionistes, les juifs du monde et certains en Israël,  échappent souvent à ce sectarisme.

Ce que je viens de développer à propos du judaïsme et qui aboutit  d'abord à l'Etat refuge d'Israël né avec l'accord de la communauté internationale puis à l’extension violente et sauvage de cet Etat qui occupe depuis 1967 le peuple voisin pareillement sémite mais musulman de la Palestine, qui vit sur cette terre, autrefois juive, c'est vrai, mais depuis plus de mille ans coulée dans un environnement musulman.

C'est vrai que face à cette déviation du sentiment religieux, qui est commune aux chrétiens, aux juifs et aux arabes le laïcisme français né au début du siècle précédent semble un rempart, un salut.

Encore faut-il que cet état d'esprit, qui veut sauver la cohabitation entre confessions diverses en  affermissant la neutralité non hostile mais réservée de l'Etat qui entend tout à la fois séparer l'Etat de toute notion religieuse ou philosophique, hormis les « droits de l'homme » et permettre à tous les citoyens croyants qui y vivent de pouvoir pratiquer cette fois à la seule réserve que sa pratique ne nuise pas aux autres citoyens qui ne la pratiquent pas.

Je le répète, je suis d'accord avec cette conception de la laïcité. Il me semble pourtant que ces dernières décennies, une évolution assez forte est née dans des milieux indépendants de tout sentiment religieux, ce qui est leur droit, pour privilégier une laïcité qui de neutre devient peu à peu hostile au sentiment religieux.

Je sais bien que les communautés religieuses ont leur part de responsabilité dans cette évolution qui risque, pour chacune, à absolutiser leurs croyances au détriment de celles des autres citoyens considérés de plus en plus comme des adversaires. Le risque est grand de voir renaitre ainsi les guerre anciennes de religion qui ont fait tant de mal à l'humanité.

Avant de de réfléchir à un laïcisme de rassemblement et de respect  diversement mis en question aujourd'hui, j'aimerais rappeler à nos médias combien il est important d'écouter l'autre avant de le condamner. En France, on parle très souvent de démocratie mais la France officielle, majoritaire dans certains médias, oublie souvent de permettre à ses interlocuteurs, avec qui elle n'est pas d'accord d'exprimer publiquement leur point de vue ce qui permettrait souvent de mettre en difficulté certaines thèses contraires à l'esprit de la France

Ceux qui pensent que la laïcité, c'est clouer le bec à ceux qui ne pensent pas comme eux n'ont rien compris à la tolérance exigent qui découle de la laïcité.

Si Dieu est censé toujours vouloir le bien de l'homme, comme l'affirment les textes sacrés nés au Moyen Orient, il conviendrait que prêtres, imans ou rabbins ainsi que les non croyants qui n'ont pas le droit de se considérer comme les seuls laïcs, mettent chacun dans leur foi l'essentiel avant l'accessoire, le respect de l'Absolu ou de l'Humain avant ce qu'on mange ou ne mange pas.

Non donc à tous ceux qui non contents de pouvoir exerce leur culte entendent l'imposer aux autres.

L'athée, quoi qu'il pense est un autre convaincu pas nécessairement supérieur aux autres. L'Etat a pour mission dans la vraie laïcité de favoriser la vie commune malgré ou selon la diversité des opinions religieuses ou non.

Je vais vous donner un exemple un peu provocateur mais qui me semble lié au vrai esprit laïc.

En France, depuis Madame Weil, l'avortement n'est plus considéré comme un crime ce qui ne signifie pas que chaque croyant doit en être partisan. Il n'est pas permis d'empêcher l'avortement à des femmes qui le veulent.

Cela ne signifie pas pour autant qu'il est interdit aux citoyens opposé à l'interruption de grossesse d'afficher leur opinions pour encourager les citoyens à suivre librement leur avis.

Je sais que mes propos, ici, seront inacceptables pour certains mais je les engage à réfléchir à ce respect mutuel au delà des différences qui est le consensus nécessaire d'une vraie démocratie. 

Prenons cet autre exemple de la peine de mort qui divise les Français. 

Il ne me semblerait pas juste de l' imposer dans la législation commune car c'est une question de vie ou de mort, ; en revanche, l'imposition du repos sabbatique ou dominical n'a pas la même importance car chacun peut l'adapter à ses convictions. La primauté pratique du dimanche en France est lié à son histoire et n'est nullement un article de foi.

Oui, l'esprit laïc est un moyen privilégié pour vivre ensemble à la seule condition de se respecter les uns les autres pour l'essentiel qui doit rester commun tout en acceptant ces différences légitimes entre citoyens que chaque communauté peut pratiquer sans nuire aux autres.


 

Yvan Balchoy

 

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