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Publié par YVAN BALCHOY

REGARD SUR LA POESIE NATIVE AMERICAINE DE SIMON ORTIZ

    CULTURE ET L'UNIVERS

Il y a deux nuits
dans l’obscurité du canyon,
seulement une demi-lune et des étoiles,
simplement des hommes.
Prière, foi, amour,
existence.
                 Nous sommes mesurés
à l’aune de la vastitude au-delà de nous.
Le noir est la lumière.
La pierre s’élève.

Je ne sais pas
si le genre humain comprend
la culture : l’acte
d’être humain
n’est pas un savoir aisé.

A l’aide de bâtons peints
et de plumes, nous voyageons
dans le canyon vers la pierre,
une présence massive
au milieu de l’hiver.

Nous nous arrêtons.
                                Penche toi sur moi.
                                chante l’univers
paisiblement dans sa méditation.

Nous restons muets :
                                  Je suis en vous.

Sans savoir pourquoi
la culture a besoin de notre connaissance,
nous faisons un dans le canyon.
                                                             Et la paroi rocheuse
sur laquelle je me tiens me fait tournoyer
silencieux et muet
pour atteindre les étoiles
et les cieux qui vont avec.

Ce n’est pas le genre humain après tout
pas plus que la culture
qui nous limitent.
C’est la vastitude
que nous ne pénétrons pas.
Ces sont les étoiles
 

Sources: After and Before the Lightning (University of Arizona Press, 1994) et Out There Somewhere (University of Arizona Press, 2002)


 

http://www.recoursaupoeme.fr/chroniques/regard-sur-la-po%C3%A9sie-native-american-14-la-po%C3%A9sie-de-simon-ortiz/b%C3%A9atrice-machet

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