Catégories

Publié par YVAN BALCHOY

VOILA POURQUOI COMME AVANT JE RESISTE (DIMA ROUSSEFF)

Le discours de Dilma Rousseff au Sénat

1er septembre , par Pragmatismo politico

Source : Pragmatismo Político, 29 août 2016 ()
Traduction : Jean Saint-Dizier et Mélanie Toulhoat
Relecture : Piera Sim
on-Chaix


Dilma Rousseff assure sa défense au Sénat durant le procès en vue de sa destitution /AFP

Dima Rousseff a tenu un discours historique devant la Chambre haute du Sénat le lundi 29 août 2016. Le voici retranscrit et traduit par Autres Brésils.

"Le 1er janvier 2015, j’ai entamé mon deuxième mandat en tant que Présidente de la République fédérative du Brésil. J’ai été élue avec 54 millions de voix.

Lors de mon discours d’investiture, j’ai pris l’engagement de préserver et de défendre la Constitution, ainsi que celui de respecter les lois, et de tout faire pour le bien du peuple brésilien, de subvenir aux besoins de l’Union et de soutenir l’intégrité et l’indépendance du Brésil.

Durant l’exercice de la Présidence de la République, j’ai respecté fidèlement l’engagement que j’avais pris devant la Nation et devant ceux qui m’avaient élue. Et j’en suis fière. J’ai toujours cru en la démocratie et en l’état de droit, et j’ai toujours vu la Constitution de 1988 comme l’une des grandes conquêtes de notre peuple.

Pendant ce périple pour m’opposer à ma destitution, je me suis rapprochée du peuple, j’ai eu l’occasion d’entendre sa reconnaissance, de voir son attachement. J’ai aussi été confrontée à de dures critiques adressées à l’encontre de mon gouvernement, des erreurs qui ont été commises et des politiques qui n’ont pas été appliquées. J’accepte ces critiques avec humilité.

Précisément parce que, comme tout le monde, j’ai des défauts et je fais des erreurs.

La trahison et la lâcheté n’en font pas partie. Je respecte les engagements que je prends, et je ne trahis ni les principes que je défends ni ceux qui luttent à mes côtés. Dans la lutte contre la dictature, j’ai reçu dans mon corps les marques de la torture. J’ai supporté pendant des années la souffrance de la prison. J’ai vu des camarades violenté(e)s et même assassiné(e)s.

À cette époque-là, j’étais très jeune. J’attendais beaucoup de la vie. J’avais peur de la mort, des séquelles de la torture sur mon corps et dans mon âme. Mais je n’ai pas cédé. J’ai résisté. J’ai résisté à la tempête de terreur qui commençait à me submerger, dans l’obscurité des années amères que traversait le pays. Je n’ai pas retourné ma veste. Malgré le poids de l’injustice qui pesait sur mes épaules, j’ai continué la lutte pour la démocratie.

J’ai consacré toutes ces années de ma vie à lutter pour une société sans haine ni intolérance. J’ai lutté pour une société libérée des préjugés et des discriminations. J’ai lutté pour une société sans misère ni exclus. J’ai lutté pour un Brésil souverain, plus égalitaire et où régnerait la justice.

J’en suis fière. Lutte celui ou celle qui croit.

Ce n’est pas maintenant, à presque soixante-dix ans, déjà mère et grand-mère, que je vais renoncer aux principes qui m’ont toujours guidée.

Dans l’exercice de la Présidence de la République, j’ai honoré l’engagement passé avec mon pays, avec la démocratie, avec l’état de Droit. J’ai été intransigeante avec la défense de l’honnêteté dans la gestion de la chose publique.

C’est pour cela, face à ces accusations dirigées contre moi dans ce procès, que je ne peux m’empêcher de sentir, dans la bouche, à nouveau, le goût amer de l’injustice et de l’arbitraire.

Voilà pourquoi, comme avant, je résiste.

N’espérez pas de moi le silence obséquieux des lâches. Dans le passé, avec les armes, aujourd’hui, avec la rhétorique juridique, certains prétendent à nouveau porter atteinte à la démocratie et à l’état de Droit.

S’il en est qui oublient leur passé et négocient les bienfaits du présent, qu’ils répondent face à leur conscience et face à l’histoire des actes qu’ils commettent. Je regrette ce qu’ils ont été et ce qu’ils sont devenus.

Et résister. Toujours résister. Résister pour réveiller les consciences encore endormies, pour qu’ensemble, nous puissions mettre le pied sur le terrain qui se trouve du bon côté de l’histoire, même si ce sol tremble et menace de nous engloutir à nouveau.

Je ne lutte pas pour mon mandat par vanité ou par amour du pouvoir, comme le font ceux qui n’ont pas de personnalité, de principes ou d’utopies à conquérir. Je lutte pour la démocratie, pour la vérité et pour la justice. Je lutte pour le peuple de mon pays, pour son bien-être.

Beaucoup aujourd’hui me demandent d’où me vient cette énergie pour continuer. Elle vient de ce en quoi je crois. Je peux regarder en arrière et voir tout ce que nous avons déjà accompli. Regarder en avant et voir tout ce que nous devons et pouvons encore faire. Le plus important est que je peux me regarder dans un miroir et y voir un visage qui, même marqué par le temps, appartient à quelqu’un ayant encore la force de défendre ses idées et ses droits..."

Vous pouvez lire l'entièreté de ce discours honnête à l'adresse dessous. Nous savons à présent que l'individu qui porte aujourd'hui le titre de Président du Beésil est in traître et n'a pas plus de légitimé que les salauds qui au Chili, au Brésil, en Argentine et dans tant d'autres endroits de l'Amérique Latine ont pris le pouvoir au peuple avec la complicité sordide des USA ce pays qui n'utilise aujourd'hui le mot liberté que pour en priver d'autres peuples. (Y.B.)

Conclusion de la pour moi toujours Présidente en droit du peuple Brésilien, DIMA ROUSSEFF

Je demande que vous fassiez justice à une présidente honnête, qui n’a jamais commis aucun acte illégal, dans sa vie personnelle ou dans le cadre des fonctions publiques qu’elle a exercées. Votez sans ressentiment. Ce que chaque sénateur ressent envers moi ou ce que nous ressentons les uns envers les autres importe moins, en ce moment, que ce que nous ressentons envers le pays et le peuple brésiliens.

Je demande : votez contre la destitution. Votez pour la démocratie.

Merci beaucoup.

http://www.autresbresils.net/Le-discours-de-Dilma-Rousseff-au-Senat
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article