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Publié par BALCHOY

 

 

 

Parlant de cette « prière pure » et de son influence sur la croissance de l’âme, Carus estime que toutes les natures humaines supérieures l’ont expérimentée.

Plus l’âme s’ouvre à la Beauté, à la Vérité et à l’amour, plus le rapport grandit avec l’Être primordial. Le sommet de notre vie supérieure ne s’atteint que par le contact de notre âme avec Dieu

C’est à ce niveau-là que se répand en nous ce souffle vital que nous appelons la santé de l’âme. Carus voit dans la prière la « condensation de la plus haute floraison spirituelle ; grâce à elle, le sentiment est purifié, la volonté est fortifiée et l’activité intellectuelle acquiert une clarté inédite.

L’âme parvient alors à la plus haute béatitude terrestre, car elle repose dans la source fondamentale.

 


Tout cela se retrouve chez Mychkhine, puisqu’il estime que « la prière pure met l’âme en relation avec la plus haute synthèse de la Vie. »

 

Dostoïevski a remarqué l’affinité de son expérience avec celle de Carus, pense Bohatec, et il veut en quelque sorte vérifier l’analyse psychologique de Carus dans la sienne propre. Son caractère morbide n’affaiblit-il pas les conclusions qu’il en  tire ?


Carus écrit dans « Psyché qu’un rapport peut exister entre la prière et certaines phénomènes pathologiques. «  La nostalgie persistante de la prière va à la rencontre de ces éléments, comme chaque pressentiment du malade précède immédiatement la crise qui approche. »

Cependant le romancier a refusé de limiter cette expérience à ces cas pathologiques, puisque, sans aucun doute, l’extase d’Aliocha s’inscrit dans la même perspective.

 


Le chapitre intitulé « Les Noces de Cana » qui se termine sur cette extase, exprime bien  cette insertion  de l’homme dans la Vie et le Mystère divins grâce à la prière.


Malgré la mort du staretz qui l’indignait tant quelques instants auparavant, le jeune novice se sent joyeux, « il éprouve un sentiment de bien-être » et ne s’en étonne pas, il n’est plus ni angoissé ni indigné par la corruption du défunt. Il se met à prier doucement.

 


Dostoïevski  note, qu’en dépit d’un désarroi intellectuel, règne en lui une paix profonde, un amour reconnaissant :


     « Des fragments d’idées surgissaient tels que des feux follets ; en revanche, régnaient dans son âme une certitude, un apaisement dont il avait conscience e. Il se mettait à prier avec ferveur, plein de reconnaissance et d’amour"  (1)

 

(1(1)    « Les Frères Karamazov », page 386

 

 

Mais cette paix est transitoire et Aliocha se remet vite à réfléchir, oubliant la prière… Puis, c’est la lecture du miracle de Cana… Il imagine la route droite, claire, cristalline, avec le soleil resplendissant, celle que recherchent les pèlerins, celle que poursuit Stépane Trophimovitch, celle pour laquelle Tolstoï avait tout abandonné à la veille de sa mort. (2)


 

(2(2)    « Rakitine a pris la ruelle… Mais la route, la grande route, droite, claire, cristalline, avec le soleil resplendissant, au bout… « Les Frères Karamazov, page 386

 

 

yvanbalchoy13@gmail.com

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