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Publié par YVAN BALCHOY

LE HEROS ET LE S....D

LE HEROS ET LE S....D

Marco Van Hees
WILMÈS FÉLICITE DAVIGNON... QUI A COLLABORÉ À L’ÉLIMINATION DE LUMUMBA
J’ai interrogé aujourd’hui la ministre Wilmès, en charge de Bozar, pour lui demander si le président de l’institution, le comte Étienne Davignon, y avait bien sa place. En effet, Bozar ouvre une partie de ses activités aux artistes issus de la diversité et organise chaque année un « Afropolitan Festival ». Mais Davignon est la négation de cette démarche. J’ai ainsi rappelé rappelé à Wilmès que Davignon :
1. est l’auteur de déclarations glorifiant la colonisation, par exemple lorsqu’il évoque « le passé avec ce qu’il avait de bon » ou « l’œuvre inachevé que nous avions laissée » ;
2. fait l’objet d’une plainte introduite par la famille de Patrice Lumumba du chef de crime de guerre et de torture, traitement inhumain et dégradant à l’égard de M. Lumumba, Premier ministre congolais assassiné en 1961 ;
3. a fait interdire toute image de Lumumba lors de la première édition de l’Afropolitan festival, ce qui a provoqué une action de protestation des artistes.
Wilmès m’a simplement répondu : « Je n’ai reçu aucune plainte et je salue le travail du président Davignon. » Ben oui, on ne touche pas à un « monstre sacré » de l’establishment politico-financier international, figure marquante de la Trilatérale, du groupe Bilderberg et de la Table ronde des industriels européens. Même s’il a du sang sur les mains. La Chambre a lancé une commission sur le passé colonial de la Belgique, mais la décolonisation des esprits n’a visiblement pas touché la ministre des Affaires étrangères.

RÉFLEXIONS PERTINENTES SUR LA COLONISATION

 

Amine Laaidia
Coloniser - Exterminer - Sur la guerre et l’État colonial, éditions Fayard, janvier 2005
Les conflits coloniaux du XIXe siècle ont vu naître des logiques qui ont ravagé le monde du XXe siècle.
« Messieurs, voilà la colonisation ! Elle ne crée pas immédiatement les richesses, mais elle crée le mobile du travail ; elle multiplie la vie, le mouvement social ; elle préserve le corps politique, ou de cette langueur qui l’énerve, ou de cette surabondance de forces sans emploi, qui éclate tôt ou tard en révolutions et en catastrophes. » Ces quelques phrases, écrites par Lamartine en 1834, rappellent à quel degré s’était implantée dans les têtes des parlementaires français la croyance d’une « nécessité » : celle de la colonisation de l’Afrique. De la fin de la régence d’Alger jusqu’à la reddition d’Abd el-Kader, cette « nécessité » a justifié, nous le savons, les pires exactions.
Pour comprendre la colonisation, explique Olivier Le Cour Grandmaison, ce que dit Lamartine doit cependant être conjugué au contenu d’une note militaire rédigée quelque cent vingt-deux ans plus tard, soit en 1956 : Bugeaud, le grand vainqueur de l’Algérie, l’a dit avant nous, « le seul moyen de faire céder (les rebelles) est de s’attaquer à leurs intérêts, leurs femmes au premier plan » [1]. Si, comme l’affirme le politologue, « il ne s’agit pas d’affirmer que, de 1830 à 1962, le « même » fut toujours à l’oeuvre », force est de constater l’étonnante continuité de certaines logiques et pratiques, seules à même de rendre compte de « la réitération des massacres perpétrés » par les hommes durant les deux derniers siècles. D’abord, empire et extermination - à condition de redonner à ce terme son sens d’avant la Shoah - sont les deux faces de la même médaille coloniale.
Mais Olivier Le Cour Grandmaison va plus loin. Il montre, c’est sa deuxième thèse, et démontre que les principes de la guerre totale mis en oeuvre une première fois lors des guerres coloniales, ont par la suite trouvé d’autres temps et terrains de réalisation. Deux exemples : en juin 1848, les forces de l’ordre ont appliqué contre la population française les « moyens algériens », selon l’expression d’Engels, qui avaient fait le « succès » de certains officiers supérieurs en Algérie ; dans un autre registre, l’internement administratif est « exemplaire, écrit l’auteur, de ce processus qui a vu une mesure d’exception, employée contre les « indigènes », devenir la règle dans l’empire et se banaliser avant d’être intégrée à la législation opposable aux Français résidant en métropole. C’était à la veille de la Seconde Guerre mondiale, puis sous le régime de Vichy ; les réfugiés républicains espagnols, les communistes français, puis, après l’adoption de la loi du 3 septembre 1940, les « traîtres à la patrie » et les juifs étrangers en vertu d’une législation adoptée le 4 octobre de la même année, furent victimes de ces mesures ».
Est-ce à dire que, pour Olivier Le Cour Grandmaison, la France serait restée, jusqu’à aujourd’hui, et par le biais de sa juridiction, coloniale ? Bien sûr que non ! Seulement, notre histoire est bien moins sujette à rupture que l’éclatement et la spécialisation universitaire pourraient le faire croire. L’étude « dédisciplinarisée » (un adjectif que Le Cour Grandmaison emprunte à Foucault) qui nous est proposée défend plus simplement cette évidence, voilée sous le vocabulaire d’une époque très friande de philosophie politique : « Les conflits coloniaux menés par les grandes puissances européennes sur divers continents ont été l’occasion d’expérimenter des tactiques et des techniques nouvelles » que nous avons ensuite retrouvées dans des situations pour lesquelles elles n’avaient pas été envisagées. Qu’il s’agisse de la mitrailleuse, inventée en 1884 par les troupes coloniales britanniques, de l’empire ou de l’État d’exception.
Peut être une image de 1 personne et texte qui dit ’Olivier Le Cour Grandmaison Coloniser Exterminer Sur la guerre ef Elat colomial Tayard’

 

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