Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Archives

Publié par YVAN BALCHOY

19-08-19- SE RAPPELER LE SUPER-CRIME D'HIROSHIMA
 

Blog politique, marxiste-léniniste

RECENSION D’HIROSHIMA’S SHADOW, 1999, par Annie Lacroix-Riz

Publié le 9 août 2019 par PRCF 66 - Pyrénées Orientales

ET COMMENTAIRE DE LA SYNTHÈSE DE WARD WILSON, 2007, ANNIE LACROIX-RIZ, RAPPEL 2019

Annie Lacroix-Riz, professeur émérite, université Paris 7, le 6 août 2019

Nous publions cet article d'Annie Lacroix-Riz en ce jour anniversaire du nouveau crime perpétré par les USA contre le peuple japonais, en jetant une bombe sur NAGAZAKI le 9 août 1945, après avoir dévasté HIROSHIMA le 6 août... après une campagne de bombardements entamée en mars 1945 contre de nombreuses villes japonaises, faisant plus de victimes qu'à Hiroshima et Nagasaki !

1° RECENSION D’HIROSHIMA’S SHADOW, KAI BIRD ET LAWRENCE LIFSCHULTZ, THEPAMPHLETEER’S PRESS, STONY CREEK, CONNECTICUT, 1998, 584 P.

Cet ouvrage consacré à “ l’ombre d’Hiroshima ” est passionnant à un double titre, civique et scientifique.

Civique, parce que son histoire illustre les difficultés de la pensée indépendante, et la récurrence du maccarthysme, cette “ Grande Inquisition des années 50 ”, au sein des institutions officielles ou officieuses confrontées aux rigueurs de la recherche de la vérité historique. Le Smithsonian Institute qui voulait commémorer par vaste exposition en 1995 le cinquantenaire du bombardement d’Hiroshima, attendait des historiens sollicités qu’ils confirment les quatre “ articles de foi ” de la “ légende ” entretenue auprès du peuple américain (et des nations étrangères) depuis août 1945 : - 1° on aurait ainsi évité 500 000 voire un million de pertes américaines ; - 2° prévenu par tous les moyens les populations d’Hiroshima et Nagasaki menacées ;  - 3° visé ces deux villes parce qu’elles étaient des “ objectifs militaires légitimes ” ; - 4° Truman aurait fait là un choix aussi légitime entre l’usage de l’arme atomique et “la perspective effrayante d’une coûteuse invasion militaire du Japon”. Ledit institut renonça à son projet quand il s’avisa que les historiens, grands noms de la science américaine, ne céderaient pas aux sirènes du vieux mythe des “ 500 000 vies américaines sauvées ” : à l’espoir de l’autocensure respectant de ce mythe succéda donc la censure.

Les historiens sollicités par les deux directeurs de la publication de ce livre, spécialistes de l’histoire politique et militaire de la Guerre froide parfois depuis plusieurs décennies (Gar Alperovitz, Barton Barnstein, John Dower, Robert Messer et Martin Sherwin), se sont attelés à la tâche scientifique. Ils ont démontré dans ce livre-synthèse, archives à l’appui comme dans leurs travaux antérieurs, à quel point le mythe était creux ; et comment cet acte de barbarie fut, selon une expression de 1948 (citée par R. Messer) moins “ le dernier acte militaire de la Deuxième Guerre mondiale que la première opération majeure de la Guerre diplomatique froide avec la Russie ” qu’il convenait d’intimider, pour lui faire admettre qu’elle ne pourrait autant qu’elle l’espérait tirer profit de sa victoire militaire très chèrement acquise sur le continent européen (parties I et II).

L’ouvrage comprend également d’autres types de contributions : textes originaux ou postérieurs à 1945 des décideurs du temps, des scientifiques et autres personnalités opposés à l’usage de l’arme atomique contre des populations sans défense (III : “les premières critiques”) ; exposés précis sur les modalités de la censure et de l’annulation de l’exposition prévue (IV) ; témoignages déchirants de médecins et autres contemporains japonais, et bilans tirés aujourd'hui, notamment un débat de 1995 entre les maires des deux cités martyres (V) ; documents militaires et politiques, enfin, de juin à août 1945 : notamment la pétition signée le 17 juillet par 71 scientifiques associés au Plan Manhattan (de construction de la bombe atomique), mise en garde de nature morale contre la tentation d’utiliser la bombe contre des populations civiles et comme instrument de gestion des relations internationales futures par la puissance américaine seule dotée de tels “moyens de destruction”.

imitrov1935.over-blog.com/2019/08/recension-d-hiroshima-s-shadow-1999-par-annie-lacroix-riz.html?fbclid=IwAR1K_sDpWk13xK86zt5WGjHnxZ2YEiwQGOv

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article