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Publié par YVAN BALCHOY

LA LIBERTE DANS L'OEUVRE DE DOSTOÏEVSKI : ÊTRE LIBRE, CE N'EST PAS CHOISIR A TOUT VENT, C'EST ÊTRE SOI-MÊME. (370)

Depuis 1881, le prestige de Fédor Mikhaïlovitvh Dostoïevski n’a cessé de croître en Russie tout d’abord, puis, à partir de la Révolution d’Octobre en Occident, où il est aujourd’hui considéré comme un des sommets de la littérature universelle.

Le pouvoir soviétique (1), longtemps très réservé vis-à-vis de l’écrivain n’a pu empêcher le peuple russe de vénérer celui qui l’a tellement aimé Et compris : de nouvelles éditions de son oeuvre paraissent sporadiquement en U.R.S.S. et son presqu’immédiatement épuisées ; ce succès a amené un certain nombre de critiques liés au régime d’atténuer l’opposition entre les convictions de l’écrivain et le marxisme-léninisme.

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(1) Cette étude a été écrite dans les années 1970.

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A) Dostoïevski et les écrivains russes non marxistes.

a) VLADIMIR SOLOVIEV

Les relations entre Vladimir Soloviev et Dostoïevski sont complexes.

Vladimir SZYLKARSKY (2) s’est élevé contre l’opinion commune qui fait du grand philosophe un disciple du romancier ; Qu’en penser ?

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(2)Solowjew und Dostojewsij, Bonn n 1948 (col. Deus et anima) 72 pages

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Vladimir Soloviev est né en 1853, c’est-à-dire qu’il a quinze ans au moment de la publication de « L’Idiot » et dix-huit, lors de celle des « Démons » (1871).

C’est sans doute lors de la rédaction de ce livre que le grand romancier russe a eu l’idée pour la première fois d’interpréter à la lumière de la troisième tentation du Christ l’histoire de l’Eglise romaine comprise comme un triomphe du dieu-homme sur l’Homme Dieu.

Le premier contact entre les deux hommes, tout le monde en convient, date de 1873.

On possède une correspondance de Soloviev adressée à Dostoïevski aux dates du 24 janvier et du 24 février de cette année.

La première lettre fut envoyée à l’occasion de la dissertation magistrale du jeune homme ; « La crise de la philosophie occidentale.

En cet écrit, note Vl. Szilarsky, on peut déjà découvrir en germe tous les éléments fondamentaux de sa conception du monde.

Le critique signale même que le très jeune philosophe fit une « impression magique sur le vieux romancier, comme sa veuve, Anna Gregorievna l’a écrit en ses mémoires :

« Cet hiver-là (1873), Vladimir Sergeevitch vint souvent t nous visiter, c’était encore un tout jeune homme venant d’achever sa formation. Il écrivit tout d’abord une lettre à Fédor Mikhaïlovitch ? PUIS ? ENSUITE ? SUR SON INVITATION ? IL VINT CHEZ NOUS ; Il produisit alors une impression extraordinaire. Fédor Mikhaïlovitch le voyait et parlait avec lui, on ne peut plus souvent, d’autant plus qu’il aimait et appréciait son intelligence et sa solide formation. Une fois, mon mari exprima à Vl. Soloviev la cause pour laquelle il lui était si attaché. « Vous me rappelez terriblement, le seul homme F ? Schildowsky qui eut sur moi, en ma jeunesse, une très grande influence. Vous lui ressemblez de visage et de caractère (3) à un tel point que son âme est passée en vous. »

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(2) CF. cette étude, page

(3) Dostoïevski dans les souvenirs de ses contemporains, éd. De la littérature artistique, Moscou 1964, tome II, page 93-94

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