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Publié par YVAN BALCHOY

PRISE DE POSSESSION (LOUISE MICHEL (LA POESIE DE LA COMMUNE) - REEDITION

 Il faut bien que la vérité monte des bouges, puisque d’en haut ne viennent que des mensonges.

Il faut bien que les déshérités, les hors la loi de la force cherchent le droit.

Les maux intolérables qu’ils souffrent depuis le commencement des sociétés humaines sont arrivés à une acuité si grande qu’ils ont résolu de s’en débarrasser comme on arrache un vêtement enflammé en laissant après des lambeaux de sa chair.

Ce n’est pas que les misérables n’aient bien des fois déjà tenté leur délivrance, mais c’était toujours dans une telle nuit d’ignorance qu’ils s’écrasaient dans les issues sans pouvoir sortir. L’oiseau ne bâtit guère dans les mêmes conditions son nid une première fois brisé; l’animal chassé, s’il échappe au piège ou aux chiens, n’est pas dupe une seconde fois

. Les hommes seuls subissent éternellement les mêmes douleurs, n’ayant jamais voulu changer les conditions qui les produisent.

Il faudra bien qu’enfin le nid de l’humanité soit sur une branche solide, il faudra bien qu’on en change la base au lieu de perdre le temps à placer autrement les brins de paille. La base ce sera la justice égalitaire au lieu de la force.

Ce n’est pas nous qui faisons ce nouvel ordre de choses, c’est l’heure, les circonstances s’entassent; la lutte du désespoir, sans peur et sans merci, est maintenant raisonnée. Ce n’est plus le troupeau humain que la force comme un belluaire peut abattre; c’est la jeune humanité se levant à l’aube toute prête à terrasser les monstres; armée par la science de moyens invincibles. Il faudra bien alors que des fructidors magnifiques et paisibles donnent à tous le grain qui germe aujourd’hui dans le sang des foules.

Savoir, vouloir, oser se taire, disait l’Égypte des sphynx! Nous savons notre but, c’est la délivrance de tous, par tous, nous le voulons et nous l’oserons.

Quant à nous taire, c’est là où nous différons des sphynx, car le plus haut possible nous le crions aux privilégiés pour qu’ils comprennent l’iniquité de l’ordre de choses qui les protège; aux déshérités pour qu’ils se révoltent...

 

 

N’y a-t-il pas assez longtemps que la finance et le pouvoir ont leurs noces d’or à l’avènement de chaque nouveau gouvernement; c’est depuis toujours, tandis que lourds et mornes les jours s’entassent comme le sable sur les foules, plus exploitées plus misérables que les bêtes d’abattoir.

 

 

 

Vous pourrez lire l'intégralité de ce poeme de Louise Michel, chantre de la Commune à l'adresse suivante :

 

 

http://www.poesies.net/louisemichel.html

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