UN FILM SUR EDVARD MUNCH, GENIAL MAIS DERANGEANT (REEDITION)
Hier au cinéma Arenberg, cinéma qui risque hélas de disparaître victime de cette exploitation commerciale qui peu à peu dénature le septième art, j'ai vécu bien plus qu'un beau film.
La "danse de la vie" illustre bien autant une existence difficile qu'une oeuvre créatrice dont la quête de la liberté est le thème majeur.
La vie de Munch est incompréhensible sans se référer à l'éducation puritaine et l'accumulation de malheurs familiaux (la tuberculose a tué plusieurs membres de sa famille) dont il n'est jamais totalement sorti.
La contrepartiee de ce malheur existentiel, c'est une oeuvre hors norme, parfois chaotique et souvent prophétique.
Cette peinture, qui irritait beaucoup de ses contemporains illustre un certain subjectivisme ; Munch refuse de peintre le monde tel que, paraît-il, il "est", mais sous ses doigts apparaît peu à peu un autre univers, aux couleurs par exemple altérées, terriblement surprenant, décapant né de ses yeux intérieurs et apparaissant comme une réaction parfois violente aux angoisses nées de sa difficile enfance.
La contrepartie de ce passif initial , c'est le caractère révolutionnaire d'une oeuvre créatrice, souvent aussi dérangeante que porteuse de génie.
Mais si sa peinture est quête de liberté, l'artiste l'est beaucoup moins dans ses réactions sociales et les femmes qu'il aime ou parfois croit aimer nous offrent l'autre leçon de ce grand film.
Parmi les nombreuses compagnes avec qui il vit ou qu'il cotoie, la plus exigeante, la personne la plus équilibrée peut-être du film, voudrait qu'il "VIVE" personnellement lui aussi son oeuvre y compris avec elle en respectant sa liberté autant que la sienne, ce qui ne lui était pas facile.
Comme toi, ses propos sur la jalousie, refus de partager plus que volonté de posséder, m'interpellent.
Bref ce film représente pour moi la découverte d'une peinture sublime qui éclaire l'humain, en brise les faux fuyants en nous projetant vers une liberté future à inventer dont on nous avons tous si faim et qui en même temps fait peur, mais n'est-ce pas une bonne peur, celle qui nous apprend qu'on est loin d'être arrivé !
L'oeuvre de Munch fascine et remet en question beaucoup de mes (pseudo ?) certitudes.
Si le tableau "LE CRI" révèle sans fard l'angoisse qui peu à peu a miné la personnalité du peintre norvégien, il est loin d'exprimer la totalité du message de ses autres oeuvres parfois plus porteuses d'espérence.
PS: Ce film est un peu la preuve qu'on peut etre un homme tourmenté et même déséquilibré (mais qui ne l'est pas ?) et créer une oeuvre géniale comme le grand Vincent.
Ton avis, amie ?
Yvan Balchoy
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