Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Archives

Publié par POESIE-ACTION

 

Plus de mille Palestiniens ont été tués en deux ans en Cisjordanie, un territoire occupé par Israël depuis 1967. Jamais, en près de vingt ans, l’ONU n’avait enregistré autant d’attaques de colons israéliens qu’au mois d’octobre. Reportage au sud de Naplouse.

Clothilde Mraffko

Beita (Cisjordanie).– Une brume matinale s’accroche encore aux collines tapissées d’oliviers des alentours de Beita, dans le nord de la Cisjordanie, vestige des premières pluies d’automne. L’entrée de la ville palestinienne, l’une des plus importantes des environs de Naplouse avec un peu plus de 13 000 habitant·es, est fermée d’une large barrière jaune de l’armée israélienne. Les voitures passent au compte-goutte par une mince ouverture sur le côté, entre le plot de béton et un mur. Des habitants organisent la circulation : cinq véhicules dans un sens, puis cinq dans l’autre. Les bus et les camions sont contraints à un long détour pour rentrer dans la ville.

Ce samedi de novembre, une longue file d’habitant·es patientent sous le préau d’une des écoles primaires de la ville, assis·es sur des chaises d’école, guettant l’arrivée de médecins palestiniens et israéliens de la clinique mobile de l’ONG Médecins pour les droits humains Israël (PHRI), qui offre des consultations gratuites dans les zones isolées de Cisjordanie, deux jours par semaine.

Illustration 1
Des patients palestiniens attendent leur tour pour être examinés par des médecins bénévoles palestiniens et israéliens de l’ONG Physicians for Human Rights Israel (PHRI) à Beita, dans le nord de la Cisjordanie, le 15 novembre. Beaucoup souffrent de maladies chroniques et leur état est aggravé par le stress. © Photo Clothilde Mraffko / Mediapart

Ezzedine Hamayel, cheveux coupés court qui tirent sur le roux, s’approche timidement, les mains dans les poches de son gilet sans manches molletonné, l’air un peu perdu. Il y a quelques jours, cet enfant de 14 ans a enterré son cousin et ami Ayssam Mualla. Ils avaient le même âge, ils étaient ensemble quand Ayssam a été blessé, le 10 octobre, alors qu’ils récoltaient des olives dans leurs champs, sur les flancs du mont Qamas, l’une des collines de la ville. Selon des témoins, le groupe a été d’abord attaqué par des colons israéliens.

« L’armée est arrivée et ils ont commencé à balancer des gaz lacrymogènes », rapporte Ezzedine, ses grands yeux noisette aux longs cils fixés sur le mur en face de lui. Sous l’effet du gaz, Ayssam s’est écroulé : son cœur s’est arrêté. Il a été pris en charge par les secours et transféré dans un hôpital de Naplouse où il est décédé le 11 novembre. « On est tous tristes et en colère, dit son cousin dans un débit rapide. La situation n’est pas bonne à Beita. On n’est pas en sécurité. L’armée débarque tout le temps. Ils balancent des gaz lacrymogènes, des grenades assourdissantes, tirent à balles réelles. Ils terrorisent les gens. »

Illustration 2
Ayssam Mualla, 14 ans, décédé le 11 novembre après avoir inhalé du gaz lacrymogène lancé par des soldats israéliens lors d’une attaque le 10 octobre dernier à Beita, dans le nord de la Cisjordanie. © Photo Clothilde Mraffko / Mediapart

« Organisés en milices »

Entre le 7 octobre 2023 et le 3 novembre 2025, 1 012 Palestinien·nes dont au moins 215 mineur·es ont été tué·es par des colons ou soldats israéliens en Cisjordanie, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha). La mère d’Ezzedine montre une photo de son neveu, Ayssam, son visage rond éclairé d’un large sourire. « Il était tout le temps jovial, lâche la Palestinienne de 48 ans que tous appellent ici Oum Jamil, la mère de Jamil, en référence à son fils aîné. Ici, la guerre n’est pas finie. »

À Gaza, le cessez-le-feu imposé par le président états-unien Donald Trump est entré en vigueur le 10 octobre. Depuis, 266 Palestinien·nes et trois soldats israéliens sont morts dans l’étroite bande de sable assiégée. En Cisjordanie, rien qu’au mois d’octobre, en pleine saison de récolte des olives, 264 attaques de colons ont été enregistrées, un record depuis que l’ONU a commencé à les recenser, en 2006. Le 8 novembre, dans les environs de Beita, un groupe de colons a ainsi attaqué des Palestinien·nes, activistes et journalistes, frappant notamment violemment Raneen Sawafta, photographe de Reuters, et l’officier de sécurité qui l’accompagnait.

Illustration 3
Yanal Dweikat, 19 ans, a été blessé à la tête lors d’une attaque de colons à Beita, dans le nord de la Cisjordanie. Il a été recousu avec huit points de suture. © Photo Clothilde Mraffko / Mediapart

NOTE D'YVAN BALCHOY

Ceux qui terrorisent la population sont les vrais "TERRORISTES" du Moyen Orient.

L'entité sioniste doit être MANU MILITARI (par les USA pourquoi pas ?) ramenée à ses seules frontières peut-être légales prévues par l'ONU en 1948.

A longue échéance, si on laisse faire ces immondes terroristes sionistes, ce sera la présence même des juifs qui deviendra problématique au Moyen Orient !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article