19-09-25- "ON LANCE UN AVERTISSEMENT TRES CLAIR" : SYNDICATS ET MANIFESTANTS ESPERENT PESER CONTRE L'AUSTERITE (DAN ISRAEL - MEDIAPART)
Avec environ 500 000 manifestants, la journée du 18 septembre n’a pas attiré autant qu’espéré. Mais partout en France, dans toutes les classes d’âge, la colère est unanime contre les choix de l’exécutif. Et l’espoir de voir l’État davantage « taxer les riches » est tenace.
matin au soir, aux quatre coins du territoire, les mêmes mots, la même colère. Et la même envie d’en découdre avec les responsables d’une politique jugée de moins en moins supportable.
« Qu’ils arrêtent de faire la sourde oreille », lançait tôt dans la matinée de ce jeudi 18 septembre Farida, concierge marseillaise de 61 ans, à l’attention d’Emmanuel Macron et du nouveau premier ministre Sébastien Lecornu, déplorant devoir travailler encore six ans pour pouvoir toucher une retraite à peine convenable. « Je participe volontiers aujourd’hui pour dénoncer Macron, sa politique, le fait qu’il n’écoute jamais le peuple », confiait dans l’après-midi à Paris Philippe, agent de la fonction publique territoriale, défilant sous les couleurs de la CFDT.
À Grenoble, c’est Lou*, infirmière libérale depuis cinq ans, qui relatait sa perte de confiance en l’hôpital public, où elle a longtemps pratiqué, mais qu’elle a quitté, épuisée par le manque de moyens et l’absence de reconnaissance : « On n’a pas déserté l’hôpital pour fuir le service public, mais pour continuer à faire notre métier avec un peu plus de dignité. »
Partout en France, la mobilisation – lancée depuis la première fois depuis 2023 à l’appel de l’intersyndicale au grand complet – a reflété cette rage de voir les services publics détricotés un à un, au nom des économies à réaliser.

Près de 600 actions et manifestations ont été recensées. « Stop à l’austérité, uni·es pour une justice sociale, fiscale et environnementale », clamait la banderole de tête de la manifestation parisienne, qui s’est élancée depuis la place de la Bastille vers 14 heures.
Un slogan attrape-tout, certes, mais qui résume l’état d’esprit de tou·tes les manifestant·es à qui Mediapart a donné la parole tout au long de la journée. « Tout ce qui a été gagné par nos parents et nos grands-parents est piétiné par la puissance du fric », crache Liliane, éducatrice à la retraite à Nantes.
L’espoir est réel de peser contre le « musée des horreurs » des mesures d’austérité présentées cet été par François Bayrou, et que Sébastien Lecornu, nouveau premier ministre, n’a pas encore toutes écartées dans le cadre du budget qu’il doit présenter dans les semaines à venir.
« Aujourd’hui, on lance un avertissement très clair au gouvernement et au premier ministre Sébastien Lecornu, qui nous dit être ouvert à la discussion », a déclaré la secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon. « Il est temps qu’aujourd’hui, le gouvernement nous dise : “OK, on a capté le message, on va prendre des décisions en conséquence” », a-t-elle insisté.
Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, s’est pour sa part lancée dans une liste éloquente : « Nous voulons savoir si le doublement des franchises médicales va être enterré. Nous voulons savoir si la réforme de l’assurance-chômage va être enterrée. Si la baisse des pensions, [celle] des prestations sociales vont être enterrées. Nous voulons savoir si la suppression de postes dans la fonction publique va être enterrée. »
Ces questions ont animé les nombreux rassemblements, aux rangs fournis. Selon le ministère de l’intérieur, plus de 506 000 personnes ont défilé, dont 55 000 à Paris, là où il avait annoncé quelques jours plus tôt s’attendre à au moins 800 000 personnes dans les rues. La CGT en a recensé de son côté « plus d’un million ».
Dans les services publics, les grèves étaient au diapason. À 14 heures, 10,9 % des agent·es de la fonction publique d’État étaient en grève, principalement dans l’Éducation nationale – selon le Snes-FSU, principal syndicat du secondaire, 45 % des professeur·es étaient grévistes dans les collèges et lycées, et le FSU-SNUipp, principal syndicat du primaire, avait annoncé la veille qu’un tiers des enseignant·es du premier degré seraient absent·es.
Et si les TGV ont circulé presque normalement, les perturbations ont été nombreuses sur le réseau Intercités. Quant au métro parisien, seules les lignes automatiques (1, 4 et 14) ont roulé toute la journée. Les autres n’ont assuré le trafic qu’aux heures de pointe.
EDF a aussi annoncé une baisse de charge dans ses centrales de l’équivalent de quatre réacteurs nucléaires (la France en compte 57). Le secteur des industries électriques et gazières est mobilisé, à l’appel de la CGT, depuis le 2 septembre pour une hausse des salaires et un abaissement de la fiscalité de l’énergie pour les consommateurs et les consommatrices. Pour cette journée, la CGT revendique « plus d’un agent sur trois en grève ».
Partout en France, ce sont les soignant·es qui expriment peut-être le mieux la précarité qui s’est installée dans le pays, à toutes les échelles. « On nous demande de revenir sur nos jours de repos, tout en nous prévenant qu’on n’est pas sûrs d’être payés, faute de budget », décrit Valérie*, infirmière au CHU de Grenoble. « On continue à fermer des lits, à supprimer des emplois, et on nous dit qu’il faut encore faire des économies parce qu’on est en déficit. Mais on est en déficit à cause de qui ? », interroge Aicha Haccoun, infirmière et secrétaire CGT de l’hôpital Saint-Antoine, à Paris.
À Brioude, les manifestant·es ont convergé devant le centre hospitalier, en proie à de graves difficultés financières. Une grève y est menée depuis plusieurs jours, sans que le personnel soit autorisé à quitter son poste. En cause, la réouverture programmée, le 29 septembre, d’une dizaine de lits fermés après la crise du covid. Bonne nouvelle ? Non, car la réouverture est prévue à effectifs constants. « La surcharge de travail va être colossale, s’inquiète Katia, une des trois aides-soignantes du service. Nous, on va tirer la langue, et les patients vont pâtir de la situation. » Le directeur de l’établissement a reconnu « un problème de financement ».
NOTE D'YVAN BALCHOY
Peut-être la vérité statistique est-elle au-delà des chiffres "minorés" par intéret du "Ministère" de l'Intérieur qui n'oublie jamais ses idées d'une droite très rigide et sans doute aussi en deça du chiffre des syndicats qui dénote plus un maximum possible mais non bien sûr vérifié à l'unité près du nombre de manifestants.
Pas de violence excessive tant mieux pour tout le monde sauf ce triste détraqué, hors manifestation, qui, armé d'une machette, avait menacé des enfants près d'un crèche sans en frapper heureusement aucun, mais auquel des policiers après les sommations d'usage n'ont laissé aucune chance alors qu'ils auraient pu tenter de le blesser au lieu de l'abattre terme qui ternit singulièrement celui de neutralisation qui a la côte aujourd'hui.
Alors bien sûr ce sont quelques policiers qui violemment ont interompu une vie pour se protéger et protéger des enfants, j'en conviens, mais était-il indispensable de viser léthalement ce triste sire.
En revanche, à partir du moment où l'acte peut-être légitime de ces policiers est avalisé et reconnu comme juste par l'Administration de la Police, cette mise à mort devient l'acte de l'ensemble du corps tout entier et c'est bien elle qui a tué "en légitime défense" ou non, ce dangereux aliéné.
P.S. Ecoutant "respectueusement " Europe 1, je suis d'accord avec ce média pour condamner qu'il y ait eu quelques dizaines de policiers blessés injustement, mais j'aurais voulu savoir combien de manifestants l'ont été aussi et pas par le Saint Esprit. J'attends toujours !!