18-09-25- PETITIONS ET MANIFESTATIONS : L'ECOSYSTEME BOLLORE MET LA PRESSION SUR LE RN (ALEXANDRE BERTEAU ET YOUMNY KEZZOUF-MEDIAPART)
La pétition lancée par Philippe de Villiers et les appels à manifester contre l’immigration embarrassent les cadres du parti d’extrême droite, sommés de prendre position sur ces initiatives poussées par les médias Bolloré.
Rassemblement national (RN), il y a les bonnes et les mauvaises manifestations. Au mois d’avril, les député·es du parti d’extrême droite multipliaient les appels au rassemblement organisé place Vauban, à Paris, pour soutenir Marine Le Pen après sa condamnation pour détournement de fonds publics. Ces jours-ci, l’ambiance est bien différente dans les rangs du RN, pressés par une partie de ses militant·es et d’autres formations concurrentes de s’exprimer sur les manifestations anti-immigration en Angleterre.
« Moi, je ne participe pas à des manifestations », a balayé Marine Le Pen sur CNews, mardi 16 septembre, sommée de se prononcer sur sa participation éventuelle à une telle initiative en France. « Le rôle et le mandat qui nous ont été donnés, c’est de mener ce combat dans l’hémicycle », a insisté la patronne des député·es frontistes, prenant ses distances avec ce mouvement pour mieux renforcer sa stature de candidate de « l’alternance ». Mais tous, au sein du parti d’extrême droite, n’affichent pas cette même prudence.
Au lendemain du cortège londonien, le député RN Matthias Renault a ainsi partagé son enthousiasme sur les réseaux sociaux, appelant de ses vœux « une mobilisation massive en France, comme en Angleterre », tout en revendiquant sa présence aux côtés des Gilets jaunes en 2018. Sur le plateau du média identitaire Frontières, le porte-parole du parti, Julien Odoul, a lui aussi salué un mouvement « formidable et extrêmement enthousiasmant » contre « l’immigration sauvage », « l’idéologie du vivre-ensemble » et « le basculement démographique ».

À l’inverse, la députée RN Alexandra Masson s’est vivement opposée au mouvement lorsqu’elle a été questionnée par BFMTV. « Les Français n’ont évidemment pas envie de vivre ce qu’il s’est passé en Grande-Bretagne ce dimanche », a-t-elle affirmé, répétant qu’elle ne « souhait[ait] pas de rassemblement ». Et d’insister : « Nous prônons un retour aux urnes, pour que nous puissions faire en sorte que nous n’ayons pas d’images de ce type dans notre pays et des manifestations comme celles-là. »
« Notre option est politique, et non le choix de la rue, déjà squattée par l’extrême gauche », a renchéri son collègue à l’Assemblée nationale Frédéric Falcon sur le réseau social X, oubliant un peu vite que plusieurs député·es RN avaient battu le pavé lors de la mobilisation contre la réforme des retraites en 2023, mais aussi aux côtés des syndicats policiers devant le palais Bourbon en 2021.
La « bollosphère » à la manœuvre
Pressés par les médias de Vincent Bolloré et le parti Reconquête de prendre position, les cadres du parti lepéniste doivent affronter les procès en mollesse de leur camp politique. Sur le plateau de Jean-Marc Morandini, sur CNews, le porte-parole du RN, Andréa Kotarac, a ainsi eu bien du mal à se dépêtrer de ces appels à la mobilisation, répétant sans convaincre son élément de langage : « On propose mieux qu’une manifestation au RN, on propose la dissolution. »
À cet embarras est venu s’ajouter un autre piège, tendu par le même écosystème Bolloré. Quelques jours avant la manifestation de Londres, le 7 septembre, l’ancien eurodéputé souverainiste Philippe de Villiers a en effet lancé dans Le Journal du dimanche (JDD) une pétition en ligne afin d’exiger la tenue d’un référendum sur l’immigration – ce que réclame le RN depuis plus de vingt ans, malgré le caractère anticonstitutionnel de cette proposition.
En apparence, l’initiative a connu un très large succès : mercredi 17 septembre, elle avait recueilli plus de 1,5 million de signatures. Impossible, en réalité, de se fier à un tel chiffre puisque quiconque peut la signer à plusieurs reprises en utilisant différentes adresses e-mails, y compris fictives. En ne vérifiant pas l’adresse des signataires, la plateforme permet aussi de faire voter n’importe quelle personne dont on connaîtrait le courriel.
Cette pétition, c’est sans doute le début d’un séisme, et la classe politique règle ses petites affaires.
Il s’agit surtout d’une opération de com’ et de récolte de données à moindres frais pour les médias du milliardaire breton. Avant de signer la pétition de Philippe de Villiers – qui dispose d’ailleurs de sa propre émission hebdomadaire sur CNews –, les internautes sont ainsi invité·es à cocher une case autorisant la communication de leur adresse e-mail au JDD et au JDNews.
Sur les sites de CNews ou du JDD, les articles portant sur la pétition précisent même où et comment la signer, tandis que sur la page « politique de confidentialité » du site de la pétition, c’est l’adresse du groupe de presse qui figure. Le timing est d’ailleurs loin d’être désintéressé pour Philippe de Villiers, qui entame la promotion de son nouveau livre, Populicide, publié en cette rentrée chez Fayard – maison d’édition contrôlée par Vincent Bolloré.
Cet engouement apparent a malgré tout pris de court le RN. « Moi, je ne signe pas de pétition, je dépose des propositions de loi », a réagi Marine Le Pen, le 16 septembre dans la matinale de CNews et d’Europe 1, précisant qu’elle n’avait « rien contre M. de Villiers ». Quelques jours plus tôt, sur le même plateau, le député Sébastien Chenu avait affiché la même ambivalence. « Par principe, je ne signe jamais aucune pétition, mais je soutiens évidemment cette démarche », avait-il dit.
Reconquête veut en profiter
La cheffe de file du RN et son vice-président ont la mémoire courte. Le mouvement lepéniste a lui-même pris l’habitude de brandir des pétitions pour mobiliser ses sympathisant·es – et récolter les coordonnées de potentiel·les adhérent·es.
Son propre site en regorge : contre « la suppression de deux jours fériés », l’« entrisme des Frères musulmans », « la soumission à Alger » ou encore « l’acharnement judiciaire contre le Rassemblement national », après la condamnation de Marine Le Pen... « On a même retrouvé une pétition que le RN avait déjà faite pour demander un référendum sur l’immigration », raille un cadre de Reconquête.
Le parti d’Éric Zemmour, que Philippe de Villiers a soutenu à la présidentielle de 2022, n’a de son côté pas manqué de relayer largement la pétition du Vendéen, mettant en scène la signature de ses dirigeant·es. Reconquête y voit une occasion rêvée pour tenter de doubler le RN par sa droite, tout en continuant d’appeler, de concert avec les médias Bolloré, à l’union des droites que le parti de Marine Le Pen repousse.
Sur CNews, le 15 septembre, le porte-parole du RN, Andréa Kotarac, s’est ainsi vu reprocher le fait que les différents partis d’extrême droite ne parviennent pas à s’entendre. « Vous vous tapez dessus sans arrêt en fait, il n’y aura pas d’unité », a regretté Jean-Marc Morandini. « Cette pétition, c’est sans doute le début d’un séisme, et la classe politique règle ses petites affaires », a déploré Philippe de Villiers, le même jour sur Europe 1.
NOTE D'YVAN BALCHOY
Mentez, mentez... il en restera toujours quelque chose. Dimanche dernier, à 10 H. j'ai voulu écouter l'intervention de Mr de Villiers avec un petit "de" très à la mode; sincèrement et à 10H55 je me suis réveillé d'un profond sommeil, jamais perçu à ce point dans des émissions de ce genre.
Si j'étais français, je tenterais de signer à cette pétition à partir de l'adresse NONAMRDEVILLIERS@gmail.com et selon les tentatives esquissées en cet article, j'ai beaucoup de chance d'être accepté.
Il en va de même des "sondages ?" proposée par Europe 1 qui résume la manifestion populaire du 18 septembre par la présence de 80 00 policiers qui n'y seront pas "doux et humbles de coeur" si l'on en croit leur caporal qui ne cesse de "casser moralement du manifestant" au nom des 8 000 émeutistes violents qu'il compte par avance . Les revendications des manifestants sont à peine esquissée
Ce média Bolloresque qui plus d'une fois outrepasse la légalité notamment en pronant un racisme d'atmosphère, ose avec le CRIF, mouvement communautariste aussi "séparatiste"représentant moins d'un pour cent des français, prétendre ce MENSONGE que 76 % des français sont contre la reconnaissance d'un état Palestinien..
Ils posent des conditions admissibles comme la libération des otages et la reconnaissance légitime et officielle de juifs au Moyen orient mais qui, en revanche, conditionne la légimité d'Israël à s'engager à libérer et reconstruire au profit des Gazaouis la bande de Gaza et à cesser toute colonisation en Cisjordanie en plus bien sûr de la cessation et de la condamnation d'un génocide reconnu internationalement.
Europoe 1 n'a que faire de ces décisions de justice à imposer à la Sionie; ce média a un talent exceptionnel pour choisir les causes les plus réacctionnaires, opposées aux droits de l'homme un peu partout au monde et cette liberté dont ils se prétendent en réalité, ils la foulent aux pied à l'instar de cette pseudo Madonne de l'IFRAP ennemie délibérée de l'Etat, qui prétend que les français veulent un gouvernement des entrepreneurs terme poli pour désigner les patrons.
Il y a longtemps que le généreux peuple de France lui a répondu d'avance dans sa chanson sur "MERCI PATRONS"