14-05-24- UN VENT MAUVAIS SOUFFLE DUR NOTRE DEMOCRATIE (EMMANUEL RIONDE-MEDIAPART)
La gendarmerie mobile sur l'une des entrées de la ZAD et l'accès au bois des « Écureuils », le 17 février 2024. © Photo Alain Pitton / NurPhoto via AFP
https://www.mediapart.fr/journal/france/130524/un-vent-mau
ÉCOSYSTÈMES ET POLLUTION
« Un vent mauvais souffle sur notre démocratie » : un rapport dénonce la gestion policière des opposants à l’A69
Durant six semaines, l’Observatoire toulousain des pratiques policières a observé la manière dont les forces de l’ordre géraient la mobilisation locale. Bilan : une militarisation disproportionnée, des entraves répétées à la liberté d’information et une stratégie du « pourrissement ».
Emmanuel Riondé
13 mai 2024 à 11h58
Toulouse (Haute-Garonne).– L’Observatoire toulousain des pratiques policières (OPP) a rendu public lundi 13 mai à Toulouse son « Rapport sur les opérations de police et de gendarmerie dans le cadre des oppositions à la construction de l’autoroute A69 ». Consulté par Mediapart, ce document de 44 pages, étayé de photos et de notes circonstanciées, décrypte la répression d’un mouvement civil d’opposition à la construction d’une autoroute et donne à voir « le vent mauvais qui souffle sur notre démocratie ».
Entre le 10 février, jour de la venue sur place de l’activiste suédoise Greta Thunberg, et le 24 mars, des membres de l’OPP se sont rendus à dix-huit reprises sur le site de la Crem’arbre, à côté de Saïx, non loin de Castres (Tarn). Un site où, dès novembre, plusieurs « écureuils » – des militant·es écolos – s’étaient intallé·es dans les arbres d’une zone à « fort enjeu écologique », pour empêcher leur abattage. La ZAD mise en place a été évacuée le 15 février.
Le 24 mars, les derniers occupant·es des arbres les ont quittés après un avis de l’Office français de la biodiversité (OFB) rendant juridiquement impossible leur abattage avant le 1er septembre prochain. Et les militaires déployés ont quitté le site le 2 avril.
La gendarmerie mobile sur l'une des entrées de la ZAD et l'accès au bois des « Écureuils », le 17 février 2024. © Photo Alain Pitton / NurPhoto via AFP
Durant ces six semaines d’observation, l’OPP s’est intéressé à la façon dont les forces de police et de gendarmerie géraient cette mobilisation qui a rassemblé sur place au quotidien quelques dizaines de personnes désarmées et non violentes : les « écureuils » et leurs soutiens.
« Ça a été une séquence très particulière pour nous, explique Pascal Gassiot, de la fondation Copernic (l’une des trois composantes de l’OPP avec la Ligue des droits de l’homme et le Syndicat des avocats de France), rédacteur du rapport. C’est la première fois que nous menons autant d’observations sur un laps de temps aussi court. Et, en plus, toujours au même endroit, dans un lieu très contraint, restreint. On était vraiment au cœur du chaudron. Et jusqu’au 15 février, on a pu se mélanger avec les policiers et les gendarmes. On a beaucoup plus discuté avec les protagonistes que d’habitude. »
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Le rapport fait ressortir trois traits marquants : d’importantes entraves à la liberté d’information et d’observation ; une militarisation disproportionnée au regard de l’enjeu (permettre l’abattage d’arbres) et de la nature de l’opposition (des militant·es pacifistes) ; et l’adoption d’une double stratégie de « pourrissement » et de « submersion », mettant en danger les personnes mobilisées.
À partir du 15 février, date de démantèlement de la ZAD, observateurs et observatrices, journalistes et même élu·es, sont empêché·es de circuler sur le site par les forces de l’ordre – gendarmes mobiles et CRS –, qui arguent d’une « opération judiciaire en cours » aux contours mal définis. Les entraves, souligne le rapport, ce sont aussi les véhicules de police disposés sur le chemin de la Crémade pour empêcher journalistes et observateurs·trices, déjà contenu·es par des cordons de policiers, de voir ce qui se passe.
Un constat partagé par le rapporteur spécial de l’ONU sur les défenseurs de l’environnement, Michel Forst, qui, dans son rapport publié le 29 février, une semaine après sa visite sur place, demande « aux autorités françaises de faciliter le travail de la presse et des observateurs, conformément aux obligations internationales de la France ».
NOTE D'YVAN BALCHOY
CE MAIN, SUR EUROPE 1- TELL-AVIS II MAYOTTE, LA NOUVELLE CALEDONOE, GAZA BIEN PLUS QUE LES DEUX MAINS ROUGES CRIMINELLES DE RAMALLAH SIELLES SE SONT PASSEES COMME AFFIRMEES -QUI CROIT ENCORE LES CONTRE-VERITES DE PASCAL PRAUD ET PAS PRO) ILLUSTRENT LA PROGRESSION MONDIALE ET FRANCAISE DU NEO-COLONIALISME PARTOUT A L'OEUVRE AU NOM DE L'IMPERIALISME
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