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Publié par YVAN BALCHOY

  

 

 

 

 

 

Chartres est célèbre par sa cathédrale, sans doute la plus belle des cathédrales gothiques de France.

 

Grâce à un ami, j'ai eu l'occasion de découvrir une autre curiosité de cette très jolie ville qui a réussi à garder aujourd'hui l'esprit d'un passé très spirituel au sein de cette Beauce qui fut si longtemps le garde-manger de la France.

 

Dans la proche banlieue, nous avons découvert une maison ouvrière devenue un musée singulier.

 

  

L'artiste, célébré dans ce petit quartier de  la ville, était un ouvrier né en 1900, Raymond Isidore,  pas toujours très estimé par ses employeurs et par ailleurs toujours révolté par les injustices de la vie.

 

Débutant comme mouleur en fonderie, il travailla dans un théâtre, aux chemins de fer puis beaucoup plus tard dans une entreprise charbonnière avant de terminer comme balayeur de cimetière.

 

C'est dans sa trentaine qu'il commença à réaliser des mosaïques à partir de petits débris de verre, de céramique ou de bouteille qu'il trouvait un peu partout, anoblissant ainsi et reculturalisant certains débris de notre civilisation.

 

 

J'avoue avoir été épaté par la qualité de son travail artistique et aussi par l'esprit qu'il a insufflé à son œuvre.

 

A travers toutes les pièces de son humble demeure, l'artiste en récupérant beaucoup de vaisselle souvent fleurie, de carrelage multicolore, a transformé chaque mur non seulement en œuvre artistique mais aussi en message spirituel optimiste.

 

Mais il y a beaucoup plus ; fasciné qu'il était par la merveilleuse cathédrale de sa cité et au-delà d'elle par toutes les belles églises de France il nous les a restitué avec ses matériaux de fortune d'une façon  parfois un peu naïve et gauche mais souvent aussi avec une minutie professionnelle.

 

 

Je suis encore émerveillé par une splendide assiette très nature brisée initialement  en de tout petits morceaux reconstitués avec génie par l’artiste et qui paradoxalement semble plus merveilleuse dans sa reconstitution que dans son état primitif.

Ailleurs c’est avec un bric à brac invraisemblable que Raymond Isidore a réalisé des fresques très chromatiques

 

 

Enfin  quelle merveille, cette rosace de la Cathédrale avec à la place des vitraux des tessons de bouteilles rappelant plus fidèlement qu'on pourrait le penser les merveilleuses couleurs que nous ont légué les artistes du Moyen-âge que cet humble artiste de quartier nous a léguée.

 

 

J'imagine que beaucoup de spécialistes de l'art se gaussent d'une telle oeuvre.  Peu importe, chacun de nous a le droit de trouver le beau ou le génial là où il le sent .

 

 

Dans sa maisonnette et les annexes qu'il a peu à peu bâties et décorée de fond en comble Raymond Isidore évoqué outre sa ville de Chartres, sa cathédrale aimée, des thèmes bibliques comme le Christ et la Samaritaine, la brebis égarée mais aussi des personnages célèbres comme Lafayette, Pasteur sans oublier des figures plus allégoriques comme le mur de Jérusalem et le trône de l'Esprit du ciel.

 

L'artiste montre aussi son grand talent en peignant des paysages, des personnages très ordinaires comme une femme au chaudron etc. On trouve même dans le jardin un autoportrait, un tableau de sa femme et sans doute de ses enfants. En fin de compte, c’est un peu toute notre terre et même le cosmos que l’humble artiste a reconstruit autour de sa vie.

 

 

Si vous allez à Chartres, prenez du temps, beaucoup de temps même pour visiter sa splendide cathédrale sans oublier sa crypte mais prenez une après-midi pour aller admirer la Maison Picassiette , vous y découvrirez une sorte de vision écologique de l’art avant la lettre et  vous ne le regretterez pas.

 

 

 

 Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.co

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