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Publié par BALCHOY

 

 

 

Ce matin, un Etat  – je ne parle pas de ses citoyens -  que j’exècre à cause de sa politique, enterre un ancien général et premier ministre qu’il vénère comme un grand homme en se souvenant de ses victoires militaires passées.

 

Je ne me réjouis certes pas de sa mort encore que les huit dernières années de sa vie, vécues dans le coma, ont été peut-être vécues par lui comme une sorte d’enfermement total que pour ma part je trouve quelque peu mérité.

 

Beaucoup de journalistes et de média, pour célébrer cet évènement, sans occulter les crimes dont ce Monsieur est redevable, rappelle qu’il fut un brillant chef de guerre comme si ce type de succès justifiait les morts injustes dont il fut en son cas directement ou non responsable.

 

A ce propos je me rappelle ce que  Raskolnikov, personnage de « Crime et Châtiment » de Dostoïevski  disait de Napoléon considéré comme un grand homme alors que, peut-être sans regret ni remord il avait causé  la mort de centaines de milliers d’hommes. Rakolnikov était même persuadé qu’il y a deux types d’hommes.


Les « ordinaires » soumis à une loi morale strictes qui, quand ils tuent ou attaquent les autres, deviennent des bandits ou des assassins.  A côté d’eux existerait une sorte d’élite supérieure qui peut assassiner des milliers et depuis Hitler nous pouvons dire des dizaines de millions d’hommes en se croyant investis pour le Destin ou Dieu à transformer l’humanité selon leurs désirs ou ambitions

 

Raskolnikov voulait d’ailleurs assassiner une vieille femme usurière, donc socialement nocive, pour découvrir à laquelle de ces deux classes d’hommes il appartenait.

 

De Sharon, j’avoue que je retiens d’abord qu’il fut un des jeunes  officiers brillants d’un état né dans et par le terrorisme, on ne le dira jamais assez en rappelant par exemple, cet ignoble mot de « l’Irgoun », puis un des vainqueurs de la guerre de 67 qui fit de l’Etat des survivants de la Shoah et de leurs descendants un peuple voleur de terres comme au pire temps de l’antiquité en n’hésitant pas, alors que,dans des conditions selon moi discutables, il avait reçu généreusement de l’ONU donc surtout des américains, une terre délimitée  qu’il trouvait, comme l’état allemand dix ans plus tôt, trop exigue pour ses ambitions.


Mais ce  fut lors de l’invasion scandaleuse du Liban, que la Communauté internationale aurait dû faire cesser immédiatement, que ce général démontra à loisir son inhumanité et sa haine des Palestiniens dont le tort essentiel était d’habiter  légitimement cette terre depuis des siècles, quand il laissa faire ou pire en favorisa un massacre  de Sabra et Chatila qui demeurera pour toujours une tare de l’histoire d’Israël.

 


Il n’aimait pas, c’est évident, Arafat, le leader de ces Palestiniens, qui lui rappelaient sa mauvaise foi, et malgré des expertises douteuses et  contradictoires qui ne m’ont pas convaincu, qui, fut liquidé comme un empêcheur de ce grand Israël qui permettait le vol, l’assassinat et l’apartheid   du territoire d’un peuple au nom d'un Dieu qui, certes n’était pas le Dieu de l’humanité mais le dieu  primitif protecteur  exclusif  de la tribu de Juda d’autrefois rapatriée cyniquement au XX ème siècle pour justifier l’injustifiable.

 

 

 

Certes à la fin de sa vie consciente, la conduite de ce haut militaire fut plus mesurée presqu’humaine.


Je ne suis pas sûr qu’en abandonnant Gaza aux Palestiniens, ce qui lui valut l’inimitié, voire la haine de beaucoup dde ses concitoyens, il avait pour volonté de commencer à donner  vraiment une patrie aux Palestiniens, ces autres sémites de la Terre Sainte.


Mais je ne veux pas oublier ce geste si révélateur que nous a transmis les Media en rappelant sa biographie : cette poigné de mains, difficile,  étirée en raison de la largeur de la table de discussion entre le nouveau leader des Palestiniens, et le responsable Israélien qui lui fut peut-être très difficile mais qu’il accomplit pourtant en s’inscrivant cette fois dans un projet plus pacifique à la fureur de beaucoup de ses compatriotes.

Nul ne peut savoir ce qu’aurait été la politique future de cet homme imprévisible si la maladie ne l’avait pas frappé si durement jusque sa mort huit ans après.
Je préfère clore ma réflexion sur la vie d’un homme qui fut incontestablement un criminel mais qui aussi, à la fin de son existence consciente semble  avoir été désireux de trouver un compromis acceptable avec ses ennemis d’hier les Palestiniens.

 

Restons-en là.  Son destin lui a fait payer cher, ce que j’estime ses crimes passés, mais  je ne veux pas  occulter  non plus sa poignée de pain pacifique aux Palestiniens.

 
J’aimerais que des vengeurs légitimes  de la Shoah aujourd'hui  à la haine inextinguible, comme ce citoyen franco-israélien ou plutôt peut-être israélo-palestinien si rapide à dénoncer toute crime, attaque ou même critique contre le peuple juif mais si silencieux devant les crimes nombreux et impardonnables aussi de certaines  autorités israéliennes d’aujourd’hui contre leurs cousins Palestiniens, condamne aussi sévèrement le racisme dans sa patrie du Moyen Orient qu’ils le fait si  souvent  avec mauvaise foi parfois  pour ceux qui osent critiquer le sionisme ce qui est le droit de tout citoyen du monde.

 

                                                                               Yvan Balchoy

 

 


yvanbalchoy13@gmail.com

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