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Publié par BALCHOY









J'ai eu, il y a peu, la chance, de visiter à partir de Granville, dans la Manche, les îles Chaussey: un archipel granitique de 365 îlots à marée basse et 52 à marée basse dont la seule "grande île (on devrait dire la plus grande île car elle mesure à peine 2km de long sur une largeur moyenne de 500 mètres.) Seule cette île à l'exception de deux maisonnettes sur un autre îlot est habitée très peu l'hiver davantage l'été bien sûr suite à l'affluence des touristes. Ce qui m'a frappé d'abord, c'est l'archipel un peu extra-terrestre, ce chapelets d'iles, d'îlots souvent rocheux de quelques centaines à quelques mètres parfois, dont les seules populations souvent très nombreuses et bien à l'abri sont les oiseaux. Entre elles une multitude de voiles de toutes couleurs de toutes dimensions souvent immobiles à marée basse. La pêche au homard entre autres occupe en été beaucoup de monde.Entre la marée basse et la marée haute une amplitude de 14 mètres ce qui en fait une des plus fortes marées de notre terre. Il n'est pas bon de se laisser surprendre car elle monte très rapidement et souvent violemment.

Venons en maintenant à la grande île, divisée en deux parties, une relativement escarpée, publique avec une phare très puissant qui malheureusement va être automatisé et un vieux fort digne de celui d'Alonzo de Jacques Brel car il n'a jamais servi. Bien entendu les commerces de circonstances sont là mais il faut reconnaître qu'ils sont discrets et se fondent bien dans le milieu naturel de l'île. La seconde partie est relativement plus plate ; on y voir une ferme abandonnée avec notamment ses deux ânes, sa mini forêt de résineux, un vieux fort moyenageux remis en forme par Renault, une ancienne maison sémaphore au service de scientifiques, un très pittoresque village de pécheurs aux toitures basses, un ancien presbytère devenu gîte et quelques maisons de caractères dont celle d'un poète disparu. Autant les ilots inhabités semblent inhospitaliers autant la grande île s'est faite humaine et souvent par sa végétation fleurie donne une impression de douceur et de sécurité au moins ce jour de beau temps où je l'ai visitée.

J'ai oublié de vous parler de la chapelle petite mais harmonieuse du dehors comme du dedans. Des vitraux magnifiques, des bateaux pendus au plafond pour rappeler  des drames maritimes passés peut-être et où nous sommes, un Christ en pierre un peu abrupt comme l'archipel, en face, une madonne toute en douceur incarne l'autre visage de Chaussey. Habituellement cette chapelle est fermée pour des raisons de sécurité, mais j'ai eu la chance de la trouver ouverte ; à l'intérieur, trois quatre fidèles dont deux jeunes hommes d'une vingtaine d'année, un  prêtre encore jeune  tout prêt à célébrer l'Eucharistie.

C'est là qu'à mes yeux se révéla l'universalité de ce petit archipel grâce aux mots sobres, bien choisis , bien pesés du représentant de Jésus qui fit surgir en cette chapelle et dans nos prières le drame du Liban priant simplement pour la paix et la réconciliation de cette terre qui fut aussi celle de Jésus. Voilà trois jours que j'avais peine à retrouver sérénité et espoir dans l'issue de ce conflit meurtrier ;ce prêtre, cette homme jeune et déterminé, en ce petit coin pour moi ce jour là de paradis, m'a redonné espoir, m'a dénoué un peu le corps, tripes et coeur, qui étaient tendus depuis des jours.

Quand je suis ressortir au grand soleil de l'archipel s'étirant devant moi, devant la beauté sublime de notre sainte terre, je me suis senti certes responsable plus que jamais de vaincre mon inertie et cellet celle de nos nations dites souvent  à tort  démocrates  car elles sont pieds et poings liés à des puissances étrangères ou aux grandes entreprises qui y font la pluie et le beau temps. On a pu mesurer cette impuissance malgré de belle paroles dans le conflit Libanais.

Je me suis alors rappelé l'invitation charmante des cousines de Didier à visiter leur beau pays, hélas aujourd'hui martyrisé un peu comme elles peut-être et en ce petit paradis normand je prends  conscience d'une envie ferme d'aller visiter et peu-être aider en sa reconstruction ce beau pays  saccagé par une violence impie. 

 Les quatre photos qui illustrent mon récit :l'archipel vu de la grande île, celle-ci comme on l'aperçoit à l'arrivée du bateau, une vue sur une baie fréquentée par de nombreux petits bateaux avec en avant plan des cages à fruits de mer et  enfin cette petite chapelle pour moi si spirituelle.

J'espère simplement, un autre jour de ma vie, redécouvrir ce merveilleux archipel et ami(e) lecteur(lectrice) si tu le peux n'hésite pas à t'embarquer vers ce petit paradis maritime.


Yvan Balchoy

balchoyyvan13@hotmail.com

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