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Publié par BALCHOY

 

 

« ON NE PEUT CROIRE EN JÉSUS SANS L’ÉGLISE » ?

 

 

 

Cette déclaration du pape François, « on ne peut croire en Jésus sans l’Église »,  a de quoi faire réfléchir sur la pensée théologique qui l’inspire. Elle n’est pas sans faire référence à cette autre expression, longtemps enseignée, « hors de l’Église, point de salut ».  Dans sa même intervention, il a également ces affirmations « il est absurde de prétendre vivre avec Jésus sans l’Église » ou encore « rencontrer Jésus hors de l’Église n’est pas possible ».

 

http://www.periodistadigital.com/religion/vaticano/2013/04/23/francisco-no-se-puede-creer-en-jesus-sin-la-iglesia-religion-vaticano-papa-santo-cardenales.shtml

 

 

De toute évidence, le mot Église doit être libéré de bien des assertions pour que ces paroles du pape François trouvent une certaine consistance. Elles doivent pouvoir s’harmoniser avec ces autres paroles, entre autres, du jugement dernier qui ne font aucune référence à quelque foi que ce soit ou encore à ces propos de l’apôtre Jacques qui met en dialogue celui qui se réclame de la foi avec celui qui se réclame des œuvres.

 

Dans le cas du jugement dernier, Jésus déclare sauvés ceux qui ont donné à manger à ceux qui avaient faim, qui ont visité les malades, accueilli les étrangers, vêtu ceux qui étaient nus, etc. Il ne leur demande même pas s’ils le faisaient parce qu’ils croyaient en lui. Il ne parle ni d’Église, ni de sacrements ni de foi. « Mt, 23, 34-45)

 

À ceux placés à sa droite, il dira «Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume qui vous a été préparé depuis la fondation du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire, j'étais un étranger et vous m'avez accueilli, nu, et vous m'avez vêtu, malade, et vous m'avez visité, prisonnier et vous êtes venus me voir.” Alors les justes lui répondront : «Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé, et de te désaltérer, étranger, et de t'accueillir, nu, et de te vêtir, malade ou prisonnier et de venir te voir?» Et le Roi leur fera cette réponse : «En vérité, je vous le dis, dans la mesure où vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait.”

 

À ceux placés à sa gauche, il dira : «Allez loin de moi, maudits, dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et ses anges (…) Alors ceux-ci lui demanderont à leur tour : «Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, ou nu, malade ou prisonnier, et de ne te point secourir?» Alors il leur répondra : «En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait.’

 

Dans le cas du dialogue de la foi et des oeuvres, dont nous parle l’apôtre Jacques, nous retrouvons ceci : (Jacques, 2, 14-20)

 

‘À quoi cela sert-il, mes frères, que quelqu'un dise : ‘J'ai la foi’, s'il n'a pas les œuvres? La foi peut-elle le sauver? Si un frère ou une sœur sont nus, s'ils manquent de leur nourriture quotidienne, et que l'un d'entre vous leur dise : ‘Allez en paix, chauffez-vous, rassasiez-vous’, sans leur donner ce qui est nécessaire à leur corps,à quoi cela sert-il? Ainsi en est-il de la foi : si elle n'a pas les œuvres, elle est tout à fait morte. Au contraire, on dira : ‘Toi, tu as la foi, et moi, j'ai les œuvres? Montre-moi ta foi sans les œuvres; moi, c'est par les œuvres que je te montrerai ma foi. Toi, tu crois qu'il y a un seul Dieu? Tu fais bien. Les démons le croient aussi, et ils tremblent. Veux-tu savoir, homme insensé, que la foi sans les œuvres est stérile? ’

 

À la lumière de ces deux ‘dialogues’, celui du Ressuscité avec tous les humains de la terre et celui du croyant et du non croyant, il saute aux yeux que tous les discours sur la foi, l’Église et le salut doivent s’harmoniser et s’ajuster au contenu de ces deux dialogues. Autrement nous risquerions de nous laisser emporter par des considérations doctrinales qui iraient à l’encontre de ces données fondamentales de la révélation.

 

Bref commentaire :

 

Il est curieux d’entendre le pape François reprendre ce genre de discours sur l’Église, lui qui, il n’y a pas encore si longtemps, déclarait aux cardinaux lors des consistoires préparatoires au conclave ce qu’il pensait de l’état actuel de l’Église et les gestes à poser pour qu’elle retrouve sa véritable mission.

 

Le premier de ces points, porte sur l’évangélisation et exprime la nécessité pour l’Église de sortir d’elle-même et d’aller aux périphéries, non seulement géographiques, mais aussi existentielles, manifestées, entre autres, dans le mystère du péché, de la douleur, de l’injustice et de l’ignorance,

 

Le point deux signale une critique à une Église “autoréférentielle”, qui se regarde elle-même dans une sorte de “narcissisme théologique”, la séparant du monde tout en prétendant détenir Jésus Christ à l’intérieur d’elle-même, sans toutefois l’en laisser sortir.

 

Il résulte de cela deux images de l’Église : la première est “l’église évangélisatrice qui sort de soi” et la seconde est “l’Église mondaine qui vit en soi, de soi et pour soi. C’est cette prise de conscience de ces deux églises qui doit éclairer les possibles changements et les réformes à faire dans l’Église.

 

Celui qui aura à prendre le siège de Pierre devra être un homme qui, à partir de la contemplation de Jésus-Christ, aide l’Église à sortir d’elle-même pour aller vers les périphéries existentielles. »

 

http://humanisme.blogspot.ca/2013/04/de-cuba-la-pensee-du-pape-francois-nous.html

 

Souhaitons qu’il résiste aux multiples influences conservatrices qui l’entourent et qu’il maintienne le cap sur une vision du monde au cœur duquel nous attend tous et toutes le ressuscité.

 

Oscar Fortin

Québec, le 24 avril 2013

 

http://humanisme.blogspot.com

 

 

 

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