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Publié par BALCHOY

Hier matin, à ma grande surprise, j'ai trouvé sur des poteaux de signalisation à Bruxelles, des affiches invitant à participer à la manifestation de Paris contre le mariage pour tous.

 

On sait pourtantt qu’en Belgique, aux Pays-Bas, précurseurs en la matière et même dans la très Catholique Espagne le mariage homosexuel civil assorti la plupart du temps de la possibilité d'adoption existe pacifiquement dans la société.

 

Qui ne voit qu'en France, la Droite, représentante quasi officielle du capitalisme le plus éculé, mauvaise perdante des dernières élections présidentielles, après s'être universellement ridiculisée dans un stupide combat de chefs, tente de s'opposer à la politique de Monsieur Hollande, pourtant approuvée par la majorité des français. 

Aujourd'hui, les églises n'osent plus comme hier, mettre au ban de la société les homosexuels comme des humains dégénérés - Ils l'ont fait très longtemps - mais à chaque étape de la libéralisation de la vie des hommes et des femmes qui vivent autrement que la majorité de leurs concitoyens leur sexualité, les sociétés religieuses et bien entendu la majorité des autorités de droite ont freiné des quatre fers pour limiter au maximum de nouveaux droits pour ces femmes et ces hommes "différents".

 

Heureusement, ce combat, perdu d'avance, devant la reconnaissance du droit à la différence qui caractérise l'évolution de nos sociétés depuis plus de deux siècles,  consacre le respect de ces femmes et de ces hommes qui vivent autrement leur sexualité dans le respect bien sûr du droit des autres. 

Hier soir, une émission sur Antenne 2 qui a donné la parole à des couples homosexuels ainsi qu'à des enfants élevés dans ce type de foyer m'a semblé une bonne réponse aux accusations des teneurs de la morale traditionnelle qui affirment qu'un enfant ne peut être épanoui qu'avec un papa et une maman.

Nous avons vu des enfants satisfaits et équilibrés alors qu'ils avaient vécu une enfance toute différente et je pense que leur avis, qui sans doute n'est pas unanime, comme ce serait le cas au sein des familles "traditionnelles" doit être pris en compte par celles et ceux qui utilisent Dieu ou la Tradition comme la seule autorité indiscutable pour freiner sinon bloquer toute modification sociétale en la matière.

 

Ce matin en écoutant Copé, triste figure de proue pour un médiocre parti, se faire le défenseur d'une société, d'une morale que son idéologie détruit à petit feu en privilégiant une petite minorité d'ultra-riches face à tant de laissés pour compte par le système capitaliste.

 

Quand à Monseigneur Vingt-Trois, se disant représentant officiel de l'Evangile de Jésus de Nazareth, j'avoue qu'il me déçoit.

Je ne conteste pas  la légitimité d'un  enseignement marqué du sceau de l'Evangile. Mais  il ne suffit pas de se dire chrétien pour l'être en vérité. Ainsi par exemple, l'enseignement dit libre n'est trop souvent accessible qu'aux citoyens plutôt aisés souvent de droite.

Je sais bien que ce jugement est excessif et j'admire par exemple des établissements  libres qui se consacrent aux quartiers difficiles et à la promotion sociale des "défavorisés" nouveau terme pour désigner les "pauvres". Mais ils sont loin d'être majorité dans l'institution.

L'Eglise doit admettre que nous ne vivons plus au temps du Moyen-âge et de sa maudite Inquisition où l'on brûlait les hérétiques et traitait de sorciers et de sorcières, quand cela n'allait pas plus loin, des hommes et des femmes qui n'avaient pour tort que la couleur rousse de leur chevelure.

Aujourd'hui, la frontière est clairement marquée entre le sacré et le profane.

Il n'est plus question de permettre au Saint Siège et à nos évêque de définir de manière dogmatique quelle doit être la vie sexuelle, affective des hommes et des femmes qui n'adhèrent pas à la foi catholique.

Les droits de l'homme sont désormais la norme commune aux croyants et aux incroyants et c'est en leur nom qu'aujourd'hui s'imposentt les droits des homosexuels.

 

Bien entendu, ceux qui adhèrent à une confession religieuse peuvent en accepter les conditions, pourvu que la vie commune reste possible dans la société.

 

Le jour où l’Eglise catholique, le Secours populaire et beaucoup d'autres organiseront une manifestation de masse  visant à  contraindre le gouvernement à légiférer pour qu'à tout jamais aucun homme ou femme ne soit contraint de vivre et de dormir dans la rue, qu'aucune famille ne soit expulsée sans auparavant recevoir un accueil digne,...ce jour-là je serai parmi les premiers à les suivre conscient d'y être inspiré par la bonne Nouvelle de l'Homme de Nazareth.

 

Je doute beaucoup que Copé & Cie et malheureusement aussi beaucoup qui se disent socialistes réclament ce droit humain fondamental tout autant, et j'irai même plus loin en disant que toute richesse est blasphématoire et confiscatoire tant  que des hommes restent contraints de vivre dans nos cités comme des animaux et souvent pire.

 

Nos Media, obéissant souvent "comme un seul homme" à leur maître, si souvent inféodé au monde de la Finance, comparent parfois avec ironie le projet de Hollande au bouclier fiscal de Sarkozy y voyant le "boulet" de son quinquennat.

 

Je ne sais pas, ce qui va sortir, dimanche,  de ce cortège réactionnaire, mais j'espère que le Président socialiste mettra  néanmoins en réalisation ses promesses comme ce mariage pour tous mais aussi le droit de vote local pour les étrangers et cet impôt à 75 % pour les trop riches de France.

Et dommage que tant  d'hommes d'Eglise imposent parfois à leurs ouailles des poids qu’elles sont incapables de supporter car Jésus, malgré ses exigences d’amour,  était aussi le Prince de la miséricorde.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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