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Publié par BALCHOY

Elles devaient prendre à Saint-Laurent un autobus qui les conduirait à destination. Elles ne purent y prendre place et furent éconduites par le chauffeur qui ne cachait pas sa haine du prêtre en disant que c'était à cause des curés que l'on perdait la guerre.

On supportait mal les Belges à Oradour, moins mal cependant que les pauvres Alsaciens très nombreux dans la commune, aussi nombreux que les habitants et que l'on traitait carrément de "Boches", parce qu'ils continuaient à s'exprimer dans leur patois alsacien.

Les vieux n'auraient pas pu faire autrement, ignorant le français, et il était naturel qu'entre eux les Alsaciens se servissent de leur idiome national.

Cela disait le compréhension qui existait entre Français et Alsaciens, et créait entre Alsaciens et indigènes, une animosité, une antipathie que nombre d'alsaciens rendaient bien à leurs hôtes.

Le doyen d'Oradour était lui-même un homme vraiment charmant ; nous ayant supporté alors que manifestement nous boulversions sa vie mais sans que jamais il y eut entre nous cette pleine communication de sympathie que l'on aurait pu supposer.

Seul, je ne songeai pas, bien loin de là, à la comparer à la majorité de ses paroissiens car, toujours à son poste, malgré tout, ce pauvre clergé de France fait tout  ce qu'il peut et s'accommode du peu qu'il peut récolter.

Le Doyen d'Oradour même, vivait dans un état qui n'avait rien de commun avec l'aisance et le fond était excellent.

Je me suis toujours demandé s'il ne devait pas se commander pour être aimable avec nous. Il est vrai qu'il était tiraillé chaque jour par sa bonne Alsacienne, d'occasion, qui nous avait prêté sa chambre, croyant que c'était pour une nuit et se montrait peu aimable à notre égard.


Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com


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