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Publié par BALCHOY


J'avoue que ce n'est pas sans inquiétude que nous quittâmes Meaux à neuf heures et demie du matin. Monsieur Thir. était parti le mardi matin. Nous prîmes la direction de Soissons, brulâmes (N.D.L.R. "SIC !") cette ville et arrivâmes à Verdun où un poste nous indiqua la route de Mons. Ceci ne nous arrangeait pas et nous demandâmes au garde français de nous indiquer la route vers Hirson et sans plus de difficulté, il nous laissa prendre la route d'Hirson où nous arrivâmes vers midi et demie.

Hirson était fort détruit, et nous nous arrêtâmes sur la place où l'on se restaura, les uns dans les voitures, les autres à l'hôtel, où l'on nous demanda fort cher pour un très maigre repas.

Il y avait à deux Belges des environs de Fosses qui venaient déjà pour affaires et nous firent un tableau très riaant de ce qui se passait en Belgique. Nous étant enquis du meilleur itinéraire à suivre pour gagner Chimay et Couvin, nous nous mîmes en route par des raccourcis, et, à un moment donné, un chemin fort mauvais pour aboutir enfin (quel soupir de soulagement) à une douane Belge.

La douane française n'était pas encore occupée. Le douanier Belge ne nous demanda rien, et se borna à témoigner de son étonnement en voyant une plaque parlementaire car je l'avais conservée depuis le départ. Il me dit que c'était la première voiture parlementaire qui passait par là.

Nous étions rentrés en Belgique, après avoir traversé Chimay qui paraîssait avoir aussi beaucoup souffert, nous arrivâmes à Couvin vers deux heures, deux heures et demie.

Nous allâmes vers la Maison Degraux (1) qui avait été pillée

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(1) Plus ou moins succursale de du magasin de confection du même nom à Dinant
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complètement. Il n'y restait rien, que rayons comptoirs et gros mobilier et tout dans un désordre inextricable. Nous sûmes que l'immeuble avait été occupé par de nombreuses troupes allemandes, mais que le pillage devait être avant tout l'oeuvre des civils.

Nous reprîmes le chemin de Dinant. A Philippeville, j'appris par un fils Le Boul. que ma maison était détruite, mais que le reste (2) n'avait pas souffert. Paul et Léon s'en doutaient déjà mais me l'avaient caché.

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le reste des propriétés de famille dont le magasin Degraux et d'autres immeubles sités rue du collège.
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N'ayant de nouvelle de Georges et de Camille, ce qui m'intéressait moins car je la pensais rentrée en Belgique avant moi, l'incendie de ma maison ne m'émut pas outre mesure. Nous arrivâmes à Dinant vers les quatre heures, et passâmes sur le pont de bois aménagé un peu en aval de la taverne des Alliés. En plein milieu du pont, le voiture de Léon, pilotée par se femme, s'arrêta faute d'essence. C'était donc tout juste.


(à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com
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