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Publié par BALCHOY




De Giens, il ne restait plus que des ruines, nous partîmes ; après avoir gravi une côte au milieu des décombres, nous retrouvâmes Emile arrêté devant un garage qui n'avait pas été détruit, mais complètement pillé et dont la propriétaire désolée ne pouvait plus rien nous fournir, pas même des cordes pour arrimer nos bagages. Que fallait-il faire ? Abandonner la remorque, et les bagages. On en chargea les voitures et Emile qui avait déjà neuf personnes dans son véhicule reprit les siens tant bien que mal; sauf un grand coffre qu'il dut abandonner.

Quant à mes bagages, on les plaça sur le toit de l'auto, devant,  sur les garde-boue et derrière. C'est dans cet équipage que nous nous dirigeames vers Montargis après avoir perdu un temps précieux.
Nous laissâmes à la brave garagiste des voitures d'enfant et d'autres objets dont on lui permit de disposer pour les malheureux. Pendant que nous étions à Giens,  nous pûmes échanger quelques mots avec Erwin Storrer qui passait en camionnette et nous dépassa.

L'incident de Giens nous avait pris un temps précoeix et nous arrivâmes à Montargis à neuf heures allemandes, alors que le couvre-feu était pour dix heures. Anne avait fait une angine à Issoudun et Brigitte avait été indisposée. On était donc parti dans de mauvaises conditions, mais avec avis de Monsieur Mab. qu'on pouvait se mettre en route ce qui n'empêche que la petite Brigitte que je tenais sur mes genoux, marquait à notre arrivée à Montargis une fièvre assez vive, que constata le docteur Mab.

Là encore, c'était l'encombrement le plus complet. Nous étions dans la voie principale et des convois militaires se succédaient sans interruption. On nous enjoignit de garer nos voitures ailleurs. Le docteur pronostiqua à Brigitte une otite qui nécessiterait probablement une opération et un séjour à Montargis. En même temps il manifestait le désir de s'en aller pour faire encore cinquante kilomètres et gagner Senlis ; de façon à pouvoir rentrer à Dinant le lendemain, vingt-sept juillet. Nous n'avions ni logement  ni médecin et n'avions qu'une heure devant nous pour trouver les deux.

J'eus beau supplier, le docteur voulut partir, Marcelle évidemment ne voulut pas nous quitter et je fut touché de l'attitude des Dames de Mons qui elles aussi, apprenant nos mécomptes, ne voulurent pas aller plus loin. Pendant que nous cherchions le médecin, les demoiselles Chan. se mirent en route pour chercher du logement pour leur mère et pour elles-mêmes, et le ménage Claeys pour Anne, Léon et pour moi. Malheureusement nos voitures restaient sur la rue. Paul et Loulou, ainsi que Lucie durent loger dans les voitures. On avait pu dénicher un vieux médecin retraité réfugié, qui vint visiter Brigitte.

(à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com

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