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Publié par BALCHOY




Ces deux dames n'avaient plus non plus assez d'essence (j'oublie de dire que le député de Bruges, et son ami qui avaient encore assez d'essence, étaient partis le lendemain de notre arrivée à Issoudun en nous souhaitant bonne chance). Les deux cent septante-cinq litres restant furent partagés scrupuleusement entre les quatre voitures. Sauf accroc, ils devaient permettre à tout le monde de rentrer en Belgique sans avoir à prendre de l'essence en cours de route.

Monsieur Mab. eut pour sa part cinquante-cinq litres, et Léon lui prêta même un bidon pour mettre son trop plein. J'avais proposé de mettre l'excédent dans un gros fût en métal que j'avais acheté, mais Monsieur Mab. tenait mordicus à ce que chacun ait sa part. Nous étions à Issoudun le jour de la Sainte Anne et je fis célébrer une messe pour remplacer celle que la Maison Degraux faisait toujours dire le jour de cette fête.

Après avoir pris congé des Pères du Couvent et des Religieuses de l'infrimerie, et leur avoir laissé à tous un don bien mérité, nous nous mîmes en route pour Bourges, le vingt-six au matin en nous disant qu'à vingt-huit kilomètres se trouvait  la ligne de démarcation. Hélas, nous devions bientôt déchanter : à quatre ou cinq kilomètres d'Issoudun, à Charostre, petit village encombré au-delà de toute expression, nous étions de nouveau arrêtés dans une file de voitures à l'arrêt. Renseignement pris, il nous fut dit que les Allemands avaient donc fermé la frontière depuis la veille et que l'on ne savait pas quand ils la rouvriraient, peut-être le jour même, peut-être dans quelques jours.

Nous protestâmes, disant que l'on aurait bien pu ne pas nous laisser partir d'Issoudun. Le sous-officier qui commandait le poste, nous déclara qu'il avait cependant averti Isssoudun ; toujours le même système.

Nous apprîmes un fait que nous ne pûmes vérifier : une des voitures de têtes avait cependant demandé qu'on la laissât aller en reconnaissance vers le poste allemand, et que finalement, les français avaient bien du y consentir car la situation, si elle avait du se prolonger, aurait été intenable.

Que se passa-til en tête de la colonne . La voiture de reconnaissance était-elle revenue ? Toujours est-il qu'à un certain moment, vers onze heures, on donna l'ordre de départ, mais au lieu d'aller vers Bourges on nous fit faire un crochet d'une cinquantaine de kilomètres. Au bout de vingt-cinq kilomètres environ, nouvel arrêt. A nos questions, on nous répondit uniquement qu'il s'agissait d'une distribution d'essence et que ceux qui n'en n'avaient pas besoin pouvaient partir.

(à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com






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