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Publié par BALCHOY

Monsieur Chassaigne me trouva trop modeste dans mes prétentions parla d'abord de cent cinquante litres, puis de deux cent litres, puis de deux cent cinquante litres. J'étais aux anges. Il me promit de s'en occuper le lendemain et me pria d'aller à son bureau à la sous-préfecture vers dix heures du matin s'excusant s'il devait nous faire attendre quelque peu. Je m'y rendis avec Emile Claeys. Il y avait là une foule énorme et je n'eus garde de dire que je venais pour de l'essence mais annonçai que je désirais voir Monsieur le Député Chassaigne qui m'avait donné rendez-vous.

Nous parvînmes ainsi à être introduit de suite et après dix minutes d'attente à peine, le Député Chassaigne, qui ramenait quelqu'un sur le seuil de son bureau nous vit et nous fit entrer. Cette fois, il ne s'agissait plus de deux cent cinquante litres, mais de trois cent litres, et Monsieur Chassaigne téléphoniquement annonça mon arrivée au bureau de répartition d'essence en priant ce monsieur de me fournir les trois cent litres, sur le vu du mot qu'il allait me confier. Il y eut certainement de la réaction, car j'entendis Monsieur Chassaigne répondre sèchement : "Ordre du préfet."

Sortant de la sous-préfecture, nous nous rendîmes au bureau de la répartition. Il pleuvait toujours.
Il y avait une foule énorme et j'avisai une porte de service où se trouvait un planton. Je lui confiai le mot du sous-préfet et demandé à être reçu. Pendant plus d'un quart d'heure, on me laissa sans réponse. Parfois même, on voulait me faire sortir du passage. Finalement, je demandai à un sous-officier plus complaisant si on avait l'intention ou non de me donner satisfaction et il revint me rechercher quelques instants plus tard et sans autre forme de procès, comme aussi sans amabilité, on me remit le bon de trois cent litres avec lequel je retournai triomphalement au couvent.

Il fut décidé qu'on irait avec les quatre voitures chercher les trois cent litres d'essence pour partir le lendemain matin. Je mis comme condition que l'on défalquerait d'abord des trois cent litres, vingt cinq litres au profit des dames Chan. de Wasmes, qui, comme nous, étaient venues échouer au couvent. Il y avait la mère, de mon âge, et trois jeunes filles de trente cinq à quarante cinq ans et deux garçonnets leurs neveux.

(à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com


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