Vendredi 4 décembre 2009
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Dès le lendemain, nous nous mîmes en quête d'essence mais pour nous buter pendant trois jours aux plus mauvaises volontés qu'il soit possible d'imaginer. Au bureau de distribution d'essence, il
était indiqué qu'il n'y avait pas d'essence pour les Belges. Ayant essayé moi-même de parlementer, en évoquant mon âge et ma qualité, je fus éconduit à peine poliment ou plutôt très impoliment par
un jeune sous-officier qui semblait prendre plaisir à la chose. Nous essayâmes de nous adresser à l'autorité militaire et avec Emile, après avoir vainement tenté de trouver le chef à son bureau,
nous allâmes prendre un premier repas, dans l'hôtel où il prenait lui-même les siens.
Nous pûmes l'aborder. Il fut très aimable et nous laissa espérer qu'à son intervention, de nouvelles instructions pouvaient être espérées à bref délai. Mais bien que nous allions dîner
régulièrement dîner à cet hôtel pour le revoir, nous étions sans grand espoir. Nous avions rencontré là un Belge établi dans les environs de Paris qui nous raconta comment lui s'était tiré
d'affaire. Il était allé se mettre à la disposition du député Chassaigne qui remplissait les fonctions de sous-préfet, l'avait aidé dans ses écritures, ce qui lui avait permis à un moment donné
d'obtenir un bon d'essence.
Ce monsieur qui partait le lendemain, nous promit d'en chercher pour nous d'autre façon le soir même, et de laisser à l'hôtel un mot à notre intention. Le lendemain, nous trouvâmes le mot :
Monsieur Thomas n'avait pas réussi. Le maire d'Issoudun à qui je m'étais adressé dans l'entretemps m'avait aussi éconduit. Il ne me restait plus que le député Chassaigne. Malgré mon extrême
fatigue, j'allai dès le lendemain vingt-quatre juillet à la mairie où l'on me dit que j'avais chance de trouver Monsieur Chasseigne vers les dix heures.
Je ne le connaissais pas, et, à un moment donné, on m'indiqua ce Monsieur Chasseigne qui était harcelé de quémandeurs et on s'en débarrassait tant bien que mal.
Assez peu confiant, je l'abordai et lui racontai mon histoire en lui faisant remarquer que je voyais passer à Issoudun des parlementaires Belges qui venaient certainement à Limoges et qui avaient
certainement dû recevoir leur part dans la distribution d'essence dont j'ai parlé plus haut, que, moi, j'étais victime de ma bonne foi et que j'étais parti sans attendre cette essence parce que je
pensais en avoir assez pour gagner la ligne de démarcation par mes propres moyens, mais que réellement, à raison des crochets que l'on nous avait fait faire, j'étais maintenant à vingt-huit
kilomètres de cette ligne de démarcation sans essence suffisante, d'autant plus, me disait-on, que les allemands ne distribuaient pas d'essence à la ligne de démarcation et ne laissait passer que
chaque voiture ayant de l'essence pour deux cent kilomètres au moins.
(à suivre)
Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com
Par BALCHOY
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Publié dans : poesie-action
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