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Publié par BALCHOY



Malheureusement, je savais que j'allais me heurter, tant que je serais dans la préfecture de Rochechouard, à plusieurs piquets de gendarmerie, mais je voulais tenter ma chance.

Le dix-neuf juillet, tout au matin, j'allai soit-disant à Limoges, mais avec l'intention de bifurquer dès notre arrivée à Saint Julien où se trouvait le premier poste de gendarmerie. Il fallait trouver moyen de trouver du nouveau. J'avais surpris à Limoges que Monsieur Bel. de Purnode, était réfugié dans un petit village dont j'ai oublié le nom et qui se trouvait près de Bellac.

Je dis aux gendarmes de Saint Julien  que j'étais obligé de quitter Ouradour, pour chercher du logement, et que la gendarmerie m'avait autorisé à quitter cette localité, et qu'un compatriote réfugié dans cette localité dont j'ai oublié le nom, m'avait fait savoir qu'il y avait du logement pour moi et ma famille. Le gendarme était fort perplexe et fort sceptique, et me prévint charitablement que si je voulais le ruser, que je me ferais pincer plus loin.

Finalement, il nous laissa passer, et par Cognac-le-Froid, Saint-Salpurnicien, et un autre Oradour (1), nous allâmes vers Bellac après avoir franchi deux autres postes de gendarmerie, et je crus bien échouer quand j'arrivai près du troisième.

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(1) Il s'agit cette fois d'Oradour sur Glane, où eut lieu un carnage à la fin de la guerre. Je ne sais si des réfugiés alsaciens se trouvaient comme dans l'autre Oradour mais ce qui est sûr c'est que les troupes Allemandes qui commirent le massacre étaient partiellement composées de conscrits alsaciens enrôlés par force dans l'armée allemande. Y-aurait-il eu une explication liée à ce fait dans  cette terrible tragédie ?
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Enfin, comme le gendarme ne connaissait probablement pas mieux les lieux que nous, il nous laissa passer et nous atteignîmes Bellac sans incident, mais non sans inquiétude.

Au contraire, on nous indiqua gentiment la route à suivre pour aller vers la ligne de démarcation et nous espérions bien être  au-delà de celle-ci avant le soir, quand à une dizaine de kilomètres au-delà, à Le Dorat, dans un double village, nous fûmes subitement arrêtés et invités sans grande politesse à prendre place dans une file de quelques cent voitures Belges parquées en cet endroit. Nous eûmes beau montrer nos ordres de mission, il fallut s'incliner et nous regrettâmes de ne pas avoir compris les signes que nous avaient fait certains cyclistes avant d'arriver au village en question et qui voulaient nous avertir.

Mieux inspirés, nous aurions pris un chemin de traverses pour éviter Le Dorat, mais nous étions dans la souricière avec d'autres Belges dont beaucoup étaient déjà là depuis mercredi, et nous étions le vendredi au matin.

Le prétexte invoqué, était que la route était encombrée de voitures parquées depuis plusieurs jours le long de la route sans ravilaillement et que c'était dans notre intérêt que l'on nous tenait là-bas.

(à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com


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