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Publié par BALCHOY


Le dix-sept juillet, de bon matin, nous étions prêts, tout le monde était dans les voitures, nous n'attendions plus que celle de Claeys, garée dans le dessous du village, il arriva pour nous apprendre que les gendarmes s'opposaient à notre départ, menaçant de parquer les voitures si nous faisions un tour de roue. Nous eûmes beau parlementer, demander qu'on nous laisser courir notre chance, rien n'y fit,  et on avait soin d'ajouter que c'était dans notre intérêt, d'autant plus que la défense de passer étant plus rigoureuse que jamais, nous serions innévitablement parqués à Rochechouard, ou à Saint Julien.

En désespoir de cause, nous déchargeâmes les voitures et annonçâmes à Monsieur le Doyen, que nous étions encore ses hôtes obligés. Dès le lendemain matin,  bien que je fusse excessivement fatigué, je partis pour Limoges près de mes collègues et appris qu'à Limoges la route était libre, que les voitures belges passaient mais qu'on ne savait pas si on ne les parquait pas plus loin ; et à la préfecture, on continuait à m'affirmer que l'on pouvait partir librement.
J'eus beau dire que la gendarmerie me défendait de quitter Oradour, Monsieur And. , un des français dont j'ai gardé le plus mauvais souvenir, me congédia en continuant à me dire que j'étais libre et que je n'avais pas besoin de papiers alors qu'il savait bien qu'il n'en n'était rien. Rentrant à Oradour, et bien décidé à ne pas me laisser faire plus longtemps, j'abordai le commandant de gendarmerie qui me dit que les ordres restaient toujours les mêmes. Je lui fis observer que je ne pouvais plus rester plus longtemps à Oradlour où l'on ne pouvait plus continuer à m'héberger plus longtemps, et puisque la route vers Rochechouard était interdite, je lui demandai s'il me défendait aussi d'aller vers Limoges, où je pouvais trouver du logement.

Ce commandant était très convenable. Il me répondit qu'il ne savait plus ce qu'il devait me permettre ou me défendre, et qu'en tout cas, il fermerait les yeux sur mon départ pour Limoges. Un des gendarmes nous indiqua même un chemin par lequel je pourrais atteindre Limoges, sans me heurter à un piquet de gendarmerie. Je le remerciai, bien que je n'eus nullement l'intention ni de suivre ce conseil, ni d'aller à Limoges. J'avais constaté sur la carte, qu'en déviant de neuf kilomètres vers Limoges, je tombais sur des routes parallèles à celles que j'aurais du prendre pour arriver à Bellac et de là à la ligne de démarcation.

(à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com


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