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Publié par BALCHOY

Dans plusieurs de ces réunions, il fut aussi noté qu'il avait été possible jusque là d'établir un contact entre le gouvernement réfugié à Vichy et les Allemands et le roi lui-même. Aucune réponse ne parvenait, et l'on avait l'impression que c'était un silence voulu. Je n'avais pas été à Limoges à la réunion, et sans  vouloir désapprouver les sentiments de mes collègues parlementaires que je comprenais fort bien, je n'avais pas été sans regretter l'emploi dans la Déclaration de Limoges de certains termes que je trouvais excessifs.

Je sus que le vote avait été enlevé comme toujours à la suite de certains discours enflammés et que si l'on avait dû voter à nouveau une demi heure plus tard, le vote n'eut pas été tout à fait le même. Malgré tout, je trouvais dans cette atmosphère de Limoges que certains de ces parlementaires les hauts, avaient bien soin de ne plus y venir et paraissaient peu corrects.

On avait été trop loin peut-être, mais il y en avaient qui auraient facilement dépassé les mesures, semblait-il en sens contraire. Quant à moi, dès ce moment,  j'avais fixé mon opinion et je ne pensais plus comme en Bretagne. Mieux averti, j'avais corrigé certaines parties de mes jugements mais pour le surplus, je pensais alors au sujet des évènements de Belgique, ce que je ne cessais de penser depuis lors.

Je veux croire que dans ces diverses entrevues entre le Roi et ses ministres, il y eut bonne foi de part et d'autre mais il n'en n'est pas moins certain qu'il y avait eu erreur de l'un des côtés ou de l'autre et à ce sujet, le doute à mon avis n'était point permis.

Beaucoup de parlementaires désiraient rentrer en Belgique. Ils étaient arrêtés comme moi par le défaut d'essence. Alors, à mon  dernier voyage à Limoges, j'appris que l'on avait fait par l'intermédiaire du maire de Limoges une demande à Vichy pour obtenir un bon collectif d'essence.

On m'inscrivit après coup, mais ceci se passait vers le seize juillet et je renonçai à aller voir ce qui en advint, car le dix-huit, quand je me rendis pour le dernière fois à Limoges, la réponse n'était pas encore parvenue. Notre désir était donc de partir au plus tôt. Péniblement nous avions grappille un peu d'essence par ci par là, et un certain monsieur Mo., gantois établi à Lille depuis l'autre guerre, réfugié comme nous à Ouradour, avait pu nous en procurer un peu, et dès le seize juillet nous décidions le départ pour le lendemain dis-sept, ayant, sauf accident,  assez d'essence pour atteindre la ligne de démarcation, voir même aller cinquante kilomètres au-delà.

(à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
http://poete-action.ultim-blog.com


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