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Publié par BALCHOY



On voit comme cela était bien organisé.Nous fîmes têtes à queue, manoeuvre toujours difficile à cause de la remorque et nous prîmes enfin la direction de Bourges. Les deux postes, Français et Allemand, se trouvaient environ à quatre ou cinq cent mètres l'un de l'autre. Il n'y avait pas d'autres voitures sur la route que celles de notre convoi. On passait par groupe de cinq ou six voitures, et cela très rapidement. Ayant franchi le poste français, nous arrivâmes rapidement au poste allemand où nous dûmes à peine stopper, le temps de donner nos cartes d'identité.

Nous pénétrions enfin dans la zone occupée, avec quel soupir de soulagement et avec une étonnante et déconcertante facilité. Nous nous arretâmes sur la place de Bourges pour y prendre un verre de bière et nous déraisir les jambes. J'appris plus tard que cet arrêt n'était pas du goût de Monsieur Mab. qui avait déjà voulu partir seul, et y avait renoncé sur les observations d'Emile. Peu après, nous nous engagions sur la route de Giens. Tout nous souriait, nous pensions bien être à Dinant dans les deux jours, quand à cinq ou six km de Giens l'un des pneus de la remorque éclata.

Pauvre remorque, avec ses mauvais pneus, elle avait fait des milliers de kilomètres sans avoir de crevaison et voilà qu'elle nous lâchait en pleine campagne. Après un colloque,  il fut décidé qu'Emile partirait en avant avec sa voiture, pour cherchder un pneu et chambre à air et que nous tâcherions de le suivre comme on pourrait. Il fallait aviser à un moyen de fortune et l'on se mit à ceuillir de l'herbe pour en bourrer le pneu malade. C'est ainsi que nous gagnâmes Giens, mais dans quel état !

L'herbe n'avait pas tardé à se réduire en boullie. La remoque faisait des bonds désordonnés et tous les automobilistes qui nous dépassaient croyaient bien faire de nous avertir d'une situation que nous ne connaissions que trop bien. Cahin, caha, nous arrivâmes néanmoins au pont de Giens où nous attendait le plus triste spectacle que je vis de la guerre. Il y avait eu un bombardement à Giens le dix-neuf juin, par les Italiens. Le pont avait saité alors qu'il était chargé de monde et des quantités d'autos gisaient dans le fleuve et sur les bords du fleuve.

(à suivre)

Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
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