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Publié par BALCHOY


En effleurant son front d'un baiser léger, il regagna seul et triste sa chambre, avec pour toute perspective une nuit difficile assombrie par l'échec de leur dialogue de ce soir-là.

Elle fut pénible en effet : une longue période d'insomnie d'abord où il remua mille fois le dilemme dans lequel ils se débattaient : le respect de la parole donnée tout d'abord, puis cette sympathie croissante pour cette nouvelle communauté qui l'hébergeait à présent. Il se sentait honteux  d'abuser de leur si cordiale hospitalité mais ne se résignait pas encore pour autant à avouer aux responsables du "SALUT" la nature de sm mission.

Puis, le sommeil, peu à peu le gagna, mais il fut tout sauf réparateur. Ce furent de longues heures de cauchemars où le responsable des relations publiques de la "FLEUR DE LOTUS" entrait, un doigt devant la bouche, dans sa chambre et lui signifiait de le suivre. Il se retrouvait bientôt dans une pièce qui ressemblait étrangement à une salle de torture hautement sophistiquée. Pas de couteaux, ni de baignoire, mais un siège violemment éclairé au centre de la pièce avec tout autour de lui une dizaine de chaises en cercle dans une quasi obscurité.

On l'assit sans ménagement au milieu de la salle, une lumière fulgurante fut projetée face à lui d'aveuglant d'une façon atroce.

     -"Avoue que tu vas nous trahir, alors que nous t'avons fait confiance !"

Il crut reconnaître la voix un peu nasillarde de Grand Maître d ela "FLEUR DE LOTUS".

     -"Tu vas payer maintenant, nous t'avons réservé le châtiment que méritent chez nous les traîtres."

Brusquement, comme par enchantement, Ghislain se retrouva au sommet de la roche de Solutré qu'il avait visitée, il y a quelques années, avec son épouse. Il se rappelait la légende des chevaux qu'on y jetait dans le vide à titre de sacrifice pour se concilier les bonnes grâces des forces d'en haut.

Sans ménagement, on le poussa face au vide si impressionnant. Une voix monocorde qui lui rappelait celle des lectures au réfectoire de Lozère, lui apprit qu'il allait être exécuté suite à une juste condamnation du tribunal de la justice suprême.

Il se rassit dans l'espoir de résister à la poussée qui commençait à le projeter en avant. Un instant, il réussit à faire reculer les mains qui s'appuyaient sur son dos, mais ils étaient beaucoup trop forts pour lui et soudain,  il sentit le sol se dérober sous ses pieds tandis qu'une frayeur de mort lui broya le coeur.

En tournoyant sur lui-même vers un sol qui tel un zoom monstrueux se rapprochait à une vitesse effrayante, il crut apercevoir immobile, comme pétrifiée, son amie qui le regardait, les yeux embués de larmes.

A ce moment son bras heurta un objet dur et il se retrouva à moitié écroulé sur le sol de sa chambre. Son rêve avait été tellement effrayant qu'il lui fallut plusieurs secondes pour se persuader que tout cela n'avait été qu'un phansasme nocturne.

Il se leva péniblement, se traîna jusqu'au lavabo, ouvrant le robinet, il s'aspergea sommairement le visage avant de se laisser tomber sur l'unique chaise. Il aurait voulu dormir encore, et pourtant ne fit aucun geste pour se rapprocher du lit qu'il venait de quitter. Il en avait marre de cette situation équivoque, il lui fallait choisir : respecter la parole donnée en accomplissant, le moment venu,  la mission dont on l'avait chargé ou bien se révolter, tout avouer aux responsables du "SALUT", quitte à être sévèrement puni pour le mal qu'il voulait infliger à des gens qui pourtant lui avaient donné le meilleur d'eux-mêmes.

Mais, en même temps, il se rendit compte qu'en agissant ainsi,  il allait précipiter la perte de Marthe qui allait payer elle-aussi, se participation au complot.

Et cela, il ne pouvait en rien l'accepter. S'il trouvait tout normal d'expier son erreur, il lui fallait d'abord et avant tout réussir à mettre Marthe hoirs du coup en prenant sur lui seul la responsabilité totale de leur démarche hostile.

Brusquement, il eut comme une illumination et  pour la première fois, ce matin-là, il regarda l'avenir avec un peu plus d'optimisme.

Dès la fin du déjeuner, il irait la trouver et tenterait de la convaincre d'aller le dénoncer auprès des responsables. Ainsi elle rencontrerait une certaine indulgence, tandis que lui atteindrait son but devenu clair : prendre tout sur lui.

Il était bien revenu de la plupart des pseudo-servitudes auquelles il se raccrochait vaille que vaille dans le passé. De la tourmente où il se débattait depuis son arrivée à la "FLEUR DE LOTUS", et bien avant sans doute,  une seule réalité subsistait avec plus de force que jamais, son amour pour sa compagne et il sentait de plus en plus, que c'est de sa tendresse à elle,  que lui viendrait son salut.

Sitôt après le déjeuner, il parcourut au long et au large le monastère dans l'espoir de retrouver Marthe mais ce fut en vain !

En désespoir de cause, il se rendit après de la responsable de l'accueil et lui demanda s'il ne savait pas où se trouvait son amie.

Après quelques recherches et un coup de téléphone, ce dernier finit par lui répondre qu'elle était au parloir car un frère venu d'une autre communauté avait souhaité la rencontrer ce matin-là.


Yvan Balchoy
balchoyyvan13@hotmail.com
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