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Publié par BALCHOY

 

 

 

Le lendemain, Ghislain se leva tôt, ostensiblement prépara une valise, ostensiblement y glissa quelques vêtement de quoi passer un W.E., la fourra dans un coin puis, sans prendre son sacro-saint petit déjeuner, embrassa à la va vite Ria qui ne put s’empêcher de lui demander :


     « Tu comptes partir aujourd’hui, Ghislain. J’aimerais que tu me tiennes au courant de tes intentions qui risquent de bien changer notre vie ! »


     « Excuse-moi, Ria, je suis très pressé ce matin. Je ne sais pas encore ce que je vais faire aujourd’hui ou dans les jours qui suivent. Ca ne dépend pas seulement de moi. Je compte  bien rentrer ce soir après le boulot. Quant à ma valise, elle me servira peut-être le jour venu. En tout cas, je n’en n’ai pas besoin pour l’instant !

A ce soir de toute façon !"

 

A  la gare de Gembloux, il téléphona à Marthe d’une cabine publique qui, miracle, fonctionnait très bien :

 

«  Salut chérie, que dirais-ti si je te rejoignais ce soir définitivement. J’ai discuté hier soir avec Ria. C’est elle qui a provoqué cet échange et je crois que je suis mûr maintenant pour entamer définitivement cette fois une vie commune avec toi, si bien sûr tu es d’accord.


     « Bien sûr que je suis d’accord, mon Ghislain, mais comment cela va-t-il se passer avec ta femme et tes enfants ?  Comment prend-elle cette séparation et quelle est son intention à mon égard ? Tu sais que mon intention est nullement de couper les ponts entre toi et eux qui sont et restent ta famille. »

 

     « Bien sûr que ma décision fait de la peine à Ria et qu’elle en fera beaucoup aux enfants mais de son côté à elle, il y a  une acceptation, une résignation plutôt d’une situation qui,  pense-telle est le seul moyen de garder un contact pacifié avec moi. Evidemment que je devrai régulièrement la revoir ainsi que mes petits. Plus tard, quand nous nous aurons façonné un vrai "vivre ensemble", j’imagine qu’ils pourront s’ils le veulent nous rejoindre certains W.E. ou durant les vacances. »

 

«     « Chouette, chéri, je serai heureux de les rencontrer et de leur montrer que leur papa est heureux avec moi. »


Quand et où nous retrouverons-nous ?


Cette question mettait Ghislain au pied du mur. Certes, il pouvait reculer encore de quelques jours l’échéance de son départ. Mais à quoi bon ? Depuis la mise au point de la veille, il ne voyait l’utilité de poursuivre une vie commune qui risquait de tourner vite à l’aigre.


     « Eh bien, Marthe, je t’attend ce soir à 19h en bas de la rue Juppin, plutôt juste à quelques mètres de ce coin et je viendrai à ta rencontre avant 7 heures et quart. Je te propose ce soir d’aller souper à l’hôtel des Ardennes et j'y réserver une chambre. Demain sera un autre jour et nous verrons comment nous trouver dans la Cité ardente un appartement où tu pourrais peut-être organiser ton atelier.

 

 

     « Tu es sûr, Ghislain, je peux attendre quelques jours et même quelques semaines si c’est nécessaire, tu sais ». »


     « Oui, chérie, il ne faut plus tergiverser, autant j’ai envie aujourd’hui de mettre les voiles avec toi, autant, j’en suis sûr,  bientôt il me faudra passer à Salzinnes pour revoir ma famille et mettre au point les modalités de ma nouvelle vie qui aura sa place aussi là-bas. »

 

Quand il raccrocha, il gagna sans se presser son bureau, à la fois très heureux d’avoir décidé de sauter le pas tout en ressentant malgré tout la gravité du vécu de ce jour.

Revenu  à son étude des substituts du sucre dans l’alimentation des personnes obèses ou diabétiques, il se contenta de mettre en ordre ses dernières notes encore en espagnol, langue qu’il maitrisait assez bien puisqu’il l’avait appris via Assimil dès ses douze ans par attachement à Don Quichotte de la même façon qu’il s’était mis à ses treize ans à l’étude du russe par la même méthode pour lire « Crime et châtiment » dans le texte original.

Le soir, en rentrant chez lui, il sentit une sourde angoisse gonfler en son cœur au fur et à mesure qu’il se rapprochait de Salzinnes. Il cherchait déjà les mots pour annoncer à Ria cette nouvelle, enthousiasmante pour lui, si lourde à accepter pour elle et encore plus pour les enfants. Certes, il ne leur parlerait, ce soir que d’une séparation provisoire, à laquelle ils étaient déjà habitués… Ils comprendraient vite la séparation de leur papa avec leur maman et sans nul doute, ils en souffriraient au moins au début.

 

Quand Ghislain franchit la porte de sa demeure,  Ria l’attendait dans le vestibule. A voir le regard  tendu de son mari, elle comprit de suit que ce qu’elle redoutait par-dessus tout était arrivé mais elle ne voulut pas gâcher la journée.

     « Ghislain, as-tu pris ta décision ? » et voyant l’acquiescement de son mari, elle ajouta :

      ‘C’est peut-être mieux comme ça. J’ai déjà annoncé aux enfants que tu devais partir pour quelque temps et je les ai envoyé à Dinant chez tes parents. Ils y resteront jusque dimanche soir, je pense que  c’était la meilleure chose à faire".

Ghislain, je n’ai plus envie de reprendre notre conversation d’hier soir, encore moins de me disputer avec toi. Tu sais que tu restes, que tu resteras toujours le bienvenu en cette maison qui est celle de ta famille. Si tu comptes me quitter dès ce soir, prends vite ce qui est nécessaire et laisse-moi, je préfère réfléchir seule à ce que sera ma vie demain avec nos enfants.

 

Elle se retire aussitôt à la cuisine en fermant soigneusement la porte pour couper court à toute velléité de Ghislain de tenter de se justifier.

Lui, se contenta d’aller chercher sa valise dans le coin de la chambre où il l’avait laissée hier soir. Il la déposa à côté de la porte d’entrée, alla embrasser silencieusement son épouse en lui murmurant d’un air gêné même s’il était sincère un « A bientôt » auquel, les yeux rouge et l’air tendu elle ne répondit pas, se contentant de le serrer très fort.

Tout certes n’était pas dit entre eux, il savait qu’il allait la retrouver bientôt avec ses enfants et mettre au point avec eux d’une nouvelle manière de se retrouver.

La porte franchie, la rue lui sembla tellement différente de ce qu’elle était tout à l’heure quand il rentrait chez lui, elle n’était plus que la voie royale qui le menait à son bien aimée.

Et Ghislain, en toute hâte, de descendre la rue Juppin vers le coin derrière lequel il le savait l’attendait celle dont il attendait le renouveau de toute sa vie.

 

 

 


 

  F I N  D U   R O M A N

 

 

 

 

Yvan Balchoy

 

yvanbalchoy13@gmail.com

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