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Publié par BALCHOY

Quand, le soir, fatigué plus nerveusement que physiquement, il poussa la porte de sa maison, Ria  l’attendait à hauteur de la porte de la cuisine, grande ouverte, au fond du couloir où il s’engageait.

Arrivé à sa hauteur, il se pencha légèrement, pour l’embrasser et son épouse ne se déroba point même si ses traits paraissaient un peu tirés.


     « Viens vite, dire bonsoir aux enfants, ils t’attendent depuis six heures et seront très heureux de s’endormir en ayant reçu ton bisou du soir. »

Bonsoir papa,  s’écria sa fille en se relevant légèrement pour le rejoindre. Elle était très souriante et ajouta les yeux brillants : J’ai un  beau bulletin, tu le regarderas et le signeras, promets-le-moi. »


     « Bravo, ma fille, je suis fière de toi, nous en reparlerons demain quand j’aurai bien examiné tes bons points » Fais de beaux rêves.


Dans la chambre à côté, son fils semblait déjà presqu’endormi, il murmura d’une voix très basse, bonsoir, Papa, tu rentres bien tard, dommage on aurait pu regarder avec toi « La petite Maison dans la prairie ».

Ghislain l’embrassa légèrement sur le front et déjà son garçon refermait ses yeux et s’abandonnait au sommeil.


Ils redescendirent den silence et Ghislain remarqua avec étonnement et peut-être un brin de déception qu’à la salle à manger un seul couvert était dressé sur la table

.

     « Oui, Ghislain, excuse-moi, j’ai préféré manger avec les enfants, comme tu rentres souvent assez tard ces temps-ci, j’ai préféré les accompagner pour manger les crêpes que j’ai préparées, mais rassure-toi j’en ai gardées bien assez pour toi. »


Devant ce geste de gentillesse de Ria, qui cadrait si mal avec ses dispositions personnelles, Ghislain se sentit mal à l’aise ce qui gâta quelque peu l’appétit physique qu’il ressentait toujours avec joie rien qu’à humer l’odeur de ces « pannekoeken » que sa maman autrefois lui offrait tous les vendredis soirs.

 

Ria revint vite de la cuisine avec un tas de crêpes compactées entre deux assiettes et une tasse de  cassonade blonde.

En même temps elle s’assit à l’américaine face à lui et son visage devint grave.

 

     «Ghislain, comme je te l’ai dit tout à l’heure, nous ne pouvons plus continuer comme ça. Je ne suis plus dupe de tes excuses réitérés trop souvent. Jusqu’à présent pour les enfants, j’ai fait semblant de ne rien voir mais cette politique d’Autruche ne nous mènera toi et moi nulle part.


Ne me dis pas que c’est ton travail au bureau qui te retient.

Depuis ton mystérieux voyage en France qui aurait dû davantage m’ouvrir les yeux, je sais que tu as une amie. Tu m’as toujours dit que ta complicité avec elle était seulement affinité artistique mais je n’y crois plus.


Il est temps que tu choisisses sérieusement où tu veux aller !

 

Je t’aime Ghislain mais pas au point de t’obliger à faire semblant d’être encore épris de moi.


Si ton bonheur est de vivre désormais l’essentiel de ta vie avec cette Marthe, rejoins-là, quitte-moi

Si tu découvres demain que tu te trompes en prenant cette décision , tu sais que tu resteras toujours le bienvenu chez nous trois à condition que nos relations redeviennent ce qu’elles étaient hier. »

 


Au pied du mur, Ghislain laissa l’assiette si parfumée là où elle l’attendait et sentit que le moment était venu de jouer franc jeu avec Ria

 

 

 

van Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

 

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