Catégories

Publié par BALCHOY

 

 

 

Si on avait demandé au biologiste Namurois ce qu'il avait fait, ce jour-là, au bureau entre 9 H et 16H, il aurait eu bien difficile de préciser comment il avait occupé cette journée au bureau.

 

Ce n'est pas qu'il avait flâné ou rêvassé à cette soirée qui le faisait flasher à tout moment.

Non, il avait pourtant minutieusement accompli un à un, l'un après l'autre chacun des actes qu'il avait à accomplir pour réaliser son projet de la semaine.

 

Même si un examinateur n'aurait rien à lui reproché sur

son travail du jour,  son esprit lui, n’avait cessé de se reporter à cette soirée, cette nuit qu'il ne pouvait s'empêcher de parer de mille espérances aussi détaillées que mystérieuses.

 

Un observateur attentif, en le regardant dans le train vers Liège parcourir sa "Libre", comme si ses pages étaient écrites avec une encore invisible, se serait sûrement demandé avec envie quel bonheur rejaillissait du fond de ses yeux qui jetaient sur le monde un regard totalement intérieur.

 

Marthe, l'attendait à la gare dans une ravissante robe verte, cadeau d'une de ses amies couturière de talent. Il l'embrassa les yeux fermés, tout ému du parfum nouveau qui émanait de son corps adoré.

 

Elle lui prit la main et le conduisit  vers son logis fermement avec pour seul langage un sourire ensorceleur.

En ouvrant la porte, elle murmura seulement: nous sommes seuls ce soir. J'ai tellement besoin de t'avoir enfin pour moi toute seule, ne fût-ce que pour quelques heures.

 

La réponse de Ghislain se résuma à un long bisou sur la bouche de son amie tandis que sa main droite caressait douucement la courbe délicieuse de ses seins mis tellement en valeur par le tissu qui reflétait si merveilleusement le charme de sa féminité.

 

Ghislain timidement osa : "Mais ma chérie, pourquoi ne pas aller manger au resto ce soir ; ce soir, ni cuisine, ni vaisselle, nous avons tellement mieux à faire.

 

Marthe ne lui répondit pas directement, mais, ouvrant le porte de la salle à manger toute illuminée, elle laissa entrevoir à son copain, un table toute illuminée couverte de deux assiettes richement parées de foie gras, coupelle de confiture d'oignon, une bouteille de cet excellent Monbazillac dont Ghislain avait appris l'excellence au contact de sa maman qui en raffolait.

 

"Chéri, il ne me reste plus qu'à mettre les petits pains au four et nous nous mettons à table", ce qui fut fait presque plus vite que dit.


 

Marthe revint aussitôt vers Ghislain, l'invita toute câline às'installer dans le vieux mais confortable divan de la maison et, sans autre façon, s'assit elle-même sur les genoux de Ghislain qu'elle embrassa à pleine bouche.

 

Si l'adjectif "baladeuses" à un sens, pendant les longues minutes du réchauffement des petits pains, les mains de Ghislain et de Marthe devinrent exploratrices de trésors qui ce soir-là leur parurent tellement nouveaux comme si jamais encore ils ne les avaient admirés ni ressentis.

 

Tendresse et désir y jouaient à la carte du tendre et ce ne fut pas sans une certaine gêne qu'il leur fallu, le moment venu,  se relever, se réajuster pour se mettre à table.

 

Marthe avait bien choisi et leur repas fut plus que délicieux.

 Connaissant les goûts musicaux de Ghislain,elle  lui avait préparé un mini concert de Barbara, Brel et Ferré en choisissant cette fois non les chansons les plus engagées mais les plus sensuelles qui s'harmonisaient si heureusement à leur état d'esprit.

 

Si délicieux fut leur souper, entrecoupé de bisous et d'étreintes ; ils ne se reconnaissaient plus ;  eux d'habitude si réservés, si causeurs se retrouvaient comme deux adolescents à l'aube de leur premier amour.

 

C'est vrai durant la petite heure que dura leur agape, Ghislain n'eut aucune pensée pour sa famille lointaine, si lointaine.

Quant à Marthe, qui souvent allait jusqu'à interroger Ghislain en pleine fougue de leur étreinte sur l'opportunité de changer tel détail à sa dernière œuvre, elle ne pensait plus qu'à son homme avec qui, elle avait une envie folle de faire l'amour d'une toute nouvelle façon, en oubliant, en gommant tout leur passé commun.

 

Il leur fallu un temps fou pour monter l'étroit escalier de cette maison ouvrière, soucieux tous deux de retarder de quelques secondes cette fusion de leurs corps et de leur désirs qui les soulevaient au-dessus-d’eux-mêmes et leur donnaient l'illusion qu'ils allaient enfin  apprendre à bien faire l'amour.

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

 

 

 


Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

 

Commenter cet article