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Publié par BALCHOY

 

 

Le temps a passé….la Situation de Ghislain n’a guère changé. Certes, il n’est plus vraiment  partagé entre son épouse, qui représente un chapitre un peu clos de sa vie, ses enfants  qu’il chérit et admire de plus en plus – ils travaillent très bien à l’école - vis-à-vis desquels il ressent une gêne de plus en plus pesante, en pensant à cet avenir qu’il désire et qui va les meurtrir et enfin Cholenka, si aimante malgré ses indécisions.

Au boulot, rien n’a changé. Ghislain continue certes à s’intéresser à tout  ce qui pourrait aider les diabétiques à retrouver le gout d’un certain sucré sans mettre leur vie en danger mais son entourage à l’institut ne lui plait pas du tout.

Chaque semaine, et même parfois par deux fois, ils se retrouvent alternativement à Liège ou à Namur et très souvent ils font l’amour mais ce qui devrait être le plus grand signe de liberté dans leur vie est vécu par eux comme un grand plaisir certes mais un peu étriqué comme leur vie sociale.

 

Ce qui a fort changé dans la vie du biologiste Namurois, c’est l’attitude de sa femme. Après avoir supporté péniblement la relation croissante entre son mari et cette inconnue vaguement artiste de Liège puis avoir tenté de la briser à coup de discussions de plus en plus tendues avec son mari ou  via l’intervention de ses beaux-parents, brusquement, du jour au lendemain, elle a pacifié se vie avec son époux.

Plus de querelle à chaque retour tardif, elle l’accueille désormais chaque fois souriante,  lui préparant les repas qu’il aimait, se montrant très affectueuse, sans rien lui demander de plus.

 

Elle s’intéressait plus qu’avant à sa vie professionnelle et  ses recherches et ils vécurent de plus en plus tous deux comme des amis véritables, leur couple ne retrouvant une apparence conjugale que lorsqu’il était question de l’éducation de leurs enfants.

Certes cette nouvelle situation était plus confortable pour Ghislain même si elle aiguisait son sentiment de culpabilité. Il est plus facile d’en vouloir à qui vous critique qu’à celui qui, sans rien concéder d’essentiel semble vous accepter tel quel.

Bien entendu, il arriva, assez rarement c’est vrai que Ghislain le soir au lit, lui fasse quelques tentatives d’approches aussi maladroites que gauches mais Ria, avec délicatesse et fermeté l’arrêtait chaque fois sans aucun signe de mécontentement.

C’est ainsi que Ghislain comprit peu à peu que sa femme, sans rien accepter, avait décidé de ne plus s’opposer à une liaison qu’elle était incapable de rompre et sans laquelle, elle l’avait compris à présent, Ghislain ne pourrait plus être heureux. En même temps, comment n’aurait-il pas été mal à l’aise devant cette preuve d’amour que Ria lui témoignait et qu’il ne méritait sûrement pas.

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