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Publié par BALCHOY

Le lendemain, la journée de Ghislain, chez lui de grand matin puis à Gembloux fut une fuite éperdue du temps. Il ne pensait qu’à son rendez-vous avec Cholenka, rue des Brasseurs à 18H.

Il avait bien entendu téléphoné chez lui pour annoncer une réunion avec son directeur, suivi d’un resto qui durerait sûrement jusque vingt deux heures

Certes extérieurement un observateur aurait constaté qu’il faisait, à chacune des étapes de sa journée, ce qu’il y était censé faire

 

En revanche, au fond de lui, comme une petite lumière insistante, une idée-image dominait et écrasait toutes autres, le visage de Marthe-Cholenka auquel il s’accrochait comme à une bouée de secours, plongé dans un océan d’inquiétude et d’espérance.

 

Il ne put que très difficilement attendre 17 h pour quitter l’Institut Agronomique et gagner à pied  à partir de la gare de Namur la rue populaire choisie par sa compagne, sans trop se presser. Il lui arriva même par deux fois de se détourner du chemin direct pour flâner sur les quais de la Meuse comme s’il voulait retarder cette rencontre qui, il le sentait bien, allait être un moment de vérité décisif en sa vie. 

 

S’il ne jeta à aucun moment son regard sur sa montre, son inconscient le guida bien puisqu’il entra au « repos des pécheurs » à six heures précises.  Cholenka ne s’y trouvait manifestement pas.

 

Sirotant, avec impatience, un coca, il attendit son amie un quart d’heure qui lui parut sans fin. Pas plus qu’elle, il n’aimait attendre et se força pour ne pas lui faire « la tête ».

 

Cholenka, beaucoup plus à l’aise le rejoignit gracieusement à sa table, l’embrassa plus comme une sœur que comme une amante et tout de go, saisit la carte pour commander son souper.

 

     -« Pardon chéri, le train s’est payé, une fois de plus un bon quart d’heure de retard, mais, je te le promets, je repartirai ce soir au dernier train. Tu n’y perdras donc pas au change.

Ce soir, j’ai envie d’une bonne moule frites et toi, comme d’habitude tu vas prendre un bon steak bleu. Es-tu d’accord pour arroser tout ça d’un bon « Côte du Rhône ».

 

Agacé par le ton qu’il trouvait désinvolte de sa copine, Ghislain délaissa le menu qu’elle lui tendait et se rassit à sa place.

 

Durant le repas, Marthe détailla dans le menu, le succès mitigé de son exposition, elle n’avait toujours vendu qu’une seule œuvre, même si un de ses amis lorgnait sur sa dernière sculpture intitulée « La petite fille de Coremeuse ».

Arrivé au dessert, aucun des deux n’avait abordé le délicat problème de leurs relations à venir ni de ses promesses de se libérer très vite pour la rejoindre définitivement dans la Cité ardente.

 Ce fut Marthe qui rompit brutalement interrompit cette pseudo paix factice, en lui demandant à brûle pourpoint :

 

     -« Dis, Ghislain, on monte, j’en ai fort envie, tu sais ! »

Le resto, comme beaucoup d’autres établissements de cette rue, plutôt mal famée, était très accueillant aux amants de passage et ce n’était pas d’ailleurs leur première fois en cet endroit.

Un petit café conclut ce repas plutôt sinistre et, après le petit signe d’usage adressé à la barmaid, on leur fit signe qu’il pouvait monter au numéro trois comme la dernière fois

 

En montant l’escalier en colimaçon, pour la première fois ce soir-là, le biologiste senti se nouer en lui un désir fougueux d’étreindre cette joiie  femme qui le précédait si sexy. 

 

Arrivé au palier, il ne put s’empêcher de la serrer contre lui en tendant de l’embrasser sur la bouche ; Cholenka adroitement se déroba juste ce qu’il fallait pour lui présenter sa joue.

 

La chambre était ouverte et, à peine entrée, son amie commença à se déshabiller calmement laissant la fièvre de son compagnon retomber comme un soufflé raté.

 

 

 

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

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