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Publié par BALCHOY

Le lendemain, après un lever un pénible, un déjeuner rapide, Ghislain reprit assez péniblement le chemin de Gembloux. La lecture de la « Libre » lui sembla cette fois  sans intérêt comme la journée qui l’attendait ;

 

Il avait envie d’appeler Cholenka, mais pour lui dire… quoi !

 

Qu’il allait la rejoindre définitivement la semaine ou… le mois prochain.  Il n’avait plus envie de la gargariser de promesses non tenues. Il était temps pour lui d’agir avec elle en homme.

Si vraiment il pensait ,et mieux,  était sûr de vouloir continuer la route de la vie avec son amie, il devait se fixer à lui-même un délai précis pour agir.

 

En passant devant la cabine téléphonique, il se força à poursuivre sa route et, tout seul au bureau, ce jour-là, il se plongea  hâtivement dans ses travaux concernant les alternatives au sucre en particulier pour les diabétiques de type I et II.

 

Vers dix heures du matin, son téléphone, très muet jusque là, se réveilla brusquement ; sans enthousiasme il saisit le cornet et, tout surpris, agréablement étonné il entendit la voix  charmante de son amie :

 

     -« Bonjour chéri, comment vas-tu ce matin ? »

 

Ghislain ne put s’empêcher de penser à sa soirée d’hier soir avec un brin de honte sans doute mal placée, il repoussa dans l’ombre de sa mémoire le souvenir un peu fou de son étreinte avec Ria et répondit assez calme :

 

     -« Pas mal, jolie Cholenka. Dis-moi comment tu te sens, tu me manques tu sais... Et ton expo, ça marche ? »

 

     -« Pas mal, Ghislain, j’ai vendu une statuette, plutôt bon marché mais c’est la première cette fois et j’espère qu’il y en aura d’autres. »

 

Il y eut alors un silence, comme si son amie avait envie de parler d’autre chose et c’est d’une voix hésitante qu’elle reprit la parole :

    

-         Qu’est-ce que ça te dirait si je te rejoins vers cinq heures au « Comte de Flandre » ?

 

Rien n’aurait pu faire autant plaisir que cette invitation inattendue. Pourtant, se rappelant sa décision de tout à l’heure, il  maîtrisa son excitation, il répondit :

 

     -« Ce soir, je suis très occupé, une réunion à 16h que je ne puis décliner. Si tu peux remettre à demain ce rendez-vous, je t’invite à souper au petit resto que nous aimons bien à l’entrée de la rue des Brasseurs. Tu m’en diras plus à propos de ton expo et surtout de ce que tu prépares pour le moment.  Excuse-moi de ne pas prolonger mais je dois préparer cette réunion de l’après-midi »

 

     -« Bon ... j’arrête alors...Dommage que tu ne puisses pas venir ce soir, c’aurait été chouette, j’avais fort envie. Donc…. A demain, vers 18h, je t’embrasse très fort. Tu me manques, mon chéri. »

 

 

Ghislain eut  à nouveau grande peine à cacher son désir de serrer plus tard  contre lui son amie en pensant à son  parfum grisant qu'il respirait souvent en enfouissant son visage dans la cascade de sa chevelure, mais il devait être fort :

 

     -« Au-revoir, Cholenka, je te rappellerai peut-être ce soir après ma réunion »

 

Il raccrocha à regret et à contre cœur. Bien entendu cette réunion était inexistante. Il était libre ce soir, mais et  il avait réussi pour une fois à l'obliger à lui quémander une rencontre. Chacun son tour, se dit-il, avec un plaisir dont il eut vite honte.

 

Au retour, il omit sciemment de rappeler sa copine, sachant qu’elle n’oserait sans doute pas l’appeler chez lui.

 

Sa soirée à la maison,  fut terne et pour éviter de rester dans la tonalité de la veille avec Ria, il fit semblant de s’intéresser à un long documentaire sur les gastéropodes.

 

Vers 22H, Ria lui dit gentiment bonsoir.

 

Dès qu’elle fut partie il changea de chaîne et regarda sans plaisir ni désir une émission sexy bête à pleurer.

 

Quand bien plus tard, il entra dans le lit conjugal, son épouse dormait profondément et apparemment elle ne s’aperçut en rien de sa venue…

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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