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Publié par BALCHOY

 

 

En rentrant, le soir, il délaissa le téléphone adjacent à la gare sans s’y attarder comme souvent. Que pouvait-il dire de plus à Cholenka sans d’abord se dire à lui-même ce qu’elle attendait de lui ; il sentait bien que, si grand soit le désir de l’entendre, il n’était pas encore prêt à sacrifier son bien être actuel, plus moral c’est vrai que financier, pour sauter le pas avec son amie.

Le soir, comme pour compenser son désir d’évasion qu’il n’était pas loin de considérer comme lâche, il eut envie de faire plaisir aux siens et leur proposa, dès son retour, d’aller souper à un restaurant proche du quartier de la gare où les moules étaient succulentes. De plus Ria y trouvaient le poison qu’elle aimait et les enfants raffolaient des steaks hachés-maison.

Bien placés, côté fenêtres, Ghislain réussit à occulter, toute la soirée tout ce qui, de près ou de loin, se rapportait à son amie Liégeoise en se concentrant sur les siens.

 

Ria, dès le début du repas, lui parla d’une réunion prochaine avec le directeur de l’école catholique que fréquentaient ses enfants.  Leurs bulletins étaient bons – il le savait puisqu’il les avait lu, en diagonale, la semaine dernière, mais il lui semblait que sa fille ait quelque problème relationnel avec son professeur de néerlandais. Rien de grave, ajouta son épouse, mais assez pour compromettre sa réussite dans cette matière pas toujours bien considérée en Wallonie.

 

 

 

Ghislain accepta de bloquer un vendredi soir, jour prévu pour rencontrer cette demoiselle  originaire de Courtrai qui, prenant très au sérieux sa fonction, interdisait, autant que possible tout emploi du français en sa classe.

 

Les enfants, heureux de se trouver détendus avec leur maman et leur papa, furent charmants.

De retour à la maison, ils purent exceptionnellement regarder, une petite heure, une émission qui les concernait, tandis que Ria, pour la première fois depuis son retour l’interpella sur les prochaines grandes vacances en lui demandant s’il avait une idée sur l’endroit où ils pourraient les passer.

 

Ghislain qui venait de vivre un long, trop long voyage, n’avait aucune envie ni de la Bretagne, si souvent humide ni de la Côte d’azur, où la chaleur était si souvent suffocante. Il lâcha l’idée que cette année, des vacances en Ardenne seraient peut-être une excellente idée. Pourquoi pas la Semois, par exemple Bouillon, avec son château, ses environs si charmants comme le « tombeau du Géant » dont il gardait un excellent souvenir depuis une excursion scolaire lors de son adolescence. 

 

Ria lui rappela que peut-être ils avaient besoin d’autre chose qu’une ville étirée le long d’un cours d’eau comme celle où ils vivaient tous les jours.  Ils convinrent alors de repenser le problème avant la fin du mois.

Une fois les enfants lavés et en pyjama, les deux époux les conduisirent chacun à leur chambre où il leur fallut lire à chacun  une histoire d’animaux, tirée d’un gros livre offert par leur grand Père de Dinant.

Une fois au lit, Ria, qui le surprit en tenue assez sexy, se tourna vers lui déjà au lit avec son article sur la fameuse plante d’Amérique latine, et lui retirant avec un grand sourire la revue des mains, elle se colla à lui.

A son étonnement, il ressentit brusquement une bouffée de désir vers cette jolie femme qu’il retrouvait un peu dans l’état d’esprit du début de ses fiançailles et il se laissa aller à des gestes de tendresse puis de plaisir partagé qui les comblèrent tous deux,  cœur, corps et âme.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

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