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Publié par BALCHOY

 

Ghislain sentit à ce moment qu’il était à un moment crucial de sa relation avec Marthe-Cholenka. Se taire, c’était lui donner raison et donc reconnaître combien son attitude n’était pas à la hauteur de l’amour de son amie.  Parler, oui,  mais  avec quelles paroles alors que manifestement elle voulait de lui enfin des actes….

 

Bégayant un peu, il parvint difficilement à conclure leur conversation téléphonique d’une façon qui lui parut à lui-même piteuse :

 

« Cholenka, tu as raison, mais, je t’en prie, laisse moi encore un tout petit peu de temps. Je suis sûr que je trouverai un terrain d’entente avec Ria et qu’elle acceptera de me rendre ma liberté, tout en restant pour moi une amie et en me permettant de rester le père de nos enfants. »

 

     -« Fais-vite, Ghislain, je t’aime mais autour de moi, d’autres me pressent de faire table rase de tout mon passé et de construire avec eux une nouvelle histoire, une nouvelle vie.

 

Je n’en n’ai pour l’instant aucune envie, mais qui sait demain, si je découvre que tu es incapable de te décider pour moi. Au-revoir, je t’en prie ne me téléphones plus avant que je te rappelle, sinon pour me dire quand et comment tu me rejoindras pour de vrai ! »

 

 

Plusieurs minutes, Ghislain Mignolet, resta immobile, l’air pensif, triste, à côté de ce téléphone qui venait de le mettre au pied du mur.

 

De retour au bureau, il mit toute son énergie à en savoir un peu plus sur cette plante sud américaine qui pouvait changer la vie de tant de ses contemporains à commencer par les diabétiques dont la médecine avait tant de peine à retarder les accès funestes de la maladie.

 

Au-delà de l’article qui en parlait, il ne trouva pour ainsi dire rien d’autre qui en parlait.

 

Or, il avait rencontré, l’année précédente, à un congrès de biologie, un confrère Péruvien qui lui avait laissé ses coordonnées en le pressant de venir visiter son pays. 

 

Ghislain avait promis d’y réfléchir mais avec tout ce qui s’était passé dans sa vie, les mois passés, il avait oublié cette invitation qui, à dire vrai, restait tout à fait en dehors de ses préoccupations.

 

En revanche cet Alvaro Prieto pouvait lui donner un solide coup de main pour retrouver un peu l’estime de ses confrères à travers sa nouvelle étude.

 

Il rédigea donc une lettre où rappelant les journées agréables passées ensemble dans ce séminaire sur les richesses du monde végétal pour assurer l’avenir de l’humanité, il en vint, avant de conclure à évoquer, sans trop insister cette plante miraculeuse en lui demandant des précisions ou mieux des confirmations.

 

Timbrant l’enveloppe, il la glissa dans le panier du courrier à envoyer, puis constatant qu’il était plus de cinq heures, il reprit son imper et reprit pensif le chemin de la gare.

 

S’il avait réussi, quelques heures à mettre en parenthèses, sa conversation un peu heurtée avec Marthe elle lui revint brutalement en tête ou au cœur, c’était autant l’un que l’autre et, durant tout le voyage de retour, il n’arrêta pas à échafauder plans et projets pour réussir ce qui lui semblait encore inconciliable, dire oui à son amie sans peiner Ria

 

 

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