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Publié par BALCHOY

 

 

 

 

Son collègue, déjà au bureau, agitait et classait des papiers énergiquement, comme pour lui signifier qu’il n’était pas en retard lui comme Ghislain qui se contenta de la saluer de loin.

Une carte estampillée du sceau de la direction l’attendait ostensiblement sur son bureau. Laissant tomber sa serviette sur le moquette, il saisit le bristol qui lui apprit que le sous-directeur, chargé de contrôler son travail l’attendait à 11h à la Direction générale pour « une mise au point nécessaire. »  Ce dernier adjectif ne laissait présager rien de bon. Bien entendu au regard un peu malicieux que jeta son voisin dans sa direction, Ghislain comprit qu’il avait probablement pris connaissance de son contenu.

Impassible, le mari de Ria, enfouit la carte dans une poche intérieure de sa veste et prit connaissance du reste de son courrier déposé le matin dans un panier métallique.

 

Une revue biologique sud-américaine attira son attention. En page 20, un article écrit par un collègue latino décrivait la découverte au sein d’une tribut indienne de l’Amazonie d’une plante qui n’avait pas encore de nom « civilisé » qui, affirmait qu’elle présentait un caractère extraordinaire. Si son goût était au moins dix fois plus sucré que celui de la betterave ou de la canne à sucre, elle n’avait, semble-t-il, aucune influence sur la glycémie ce qui pouvait devenir un remède fabuleux pour les diabétique ou ceux qui voulaient manger du sucré sans grossir.  Tout cela, se dit Ghislain, est encore à prouver. J’irais bien faire un petite tour le long de l’Amazone entre Leticia en Colombie et Manáos au Brésil, région où poussait ce "miracle" botanique. Bien sûr, un tel voyage était inimaginable dans le cadre de ses nouvelles fonctions qui faisaient de lui plus un employé qu’un cadre dans l’entreprise.

 

Il était déjà 10H 45, il avait juste le temps de glisser dans un chemise quelques papiers justifiant de l’intérêt de ses activités du moment.

 

Quand il entra, dans le bureau luxueux de son sous-directeur, Ghislain comprit de suite, à la mine du personnage que l’entrevue serait tout sauf un dialogue amical.

 

Effectivement le quinquagénaire, Van Ruypenboek, connu pour ses idées wallingantes qui cadraient si mal avec ses origines, commença par lui rappeler combien avait été ennuyeux pour l’entreprise l’absence peu justifiée du biologiste durant tant de semaines perdues et le chance donnée par l’Institut de le garder en ses murs.

 

     « Bien entendu, ajouta-t-il, il importe, Monsieur Mignolet que vous rachetiez vos erreurs par des résultats probants dans votre nouvelle fonction et, à lire, vos derniers compte-rendu, j’avoue que je ne suis pas conquis jusqu’ici.  Vous avez trois mois, pas une semaine de plus pour me prouver votre intérêt pour votre travail en nous apportant des pistes sérieuses d’innovation biologiques originaires des pays du Tiers-monde. »

 

Ghislain, rappela d’abord quelques pistes à peines ébauchées auquelles lui-même, pour dire vrai ne croyait guère. Il sentit bien qu’il n’était en rien convainquant au froncement des sourcils de Monsieur Van Ruypenboek quandse rappelant de l’article lu ce matin même et, retrouvant un semblant d’enthousiasme il détailla l’extraordinaire révolution que serait l’exploitation de cette plante à partir d'études élaborées dans l’institut agronomique de Gembloux.

 

Certes, une telle découverte n’était pas sans danger ni risque pour l’agriculture Belge, dotée d’une industrie sucrière si florissante notamment à Tirlemont, Tienen en néerlandais, pour laquelle toute une section de l’Institut travaillait activement.

 

     -« Bon, Ghislain, creusez, je vous prie dans cette direction latino-américaine. Bien entendu, je n’ai pas la possibilité de vous y envoyer. Il vous faudra donc contacter à distance des connaisseurs de cette plante miracle, si elle existe et jouit vraiment des qualités qu’on lui attribue mais je vous rappelle le délai de trois mois que vous avez devant vous.

 

J’ai du bataillé pour vous l’obtenir, ne me faites pas regretter ma confiance, au revoir et bonne chance »

 

A le regarder, en quittant son bureau, on pouvait douter de la qualité de sa confiance et Ghislain se dit qu’il serait peut-être temps pour lui de chercher un autre boulot.

 

A vrai dire, il y avait déjà pensé en s’imaginant déjà à Liège tout près de Cholenka.  Pourtant avant de donner sa démission, car il ne se laisserait pas licencier par ses pairs, il lui fallait y voir plus clair sur cette plante qui, si ce qu’on disait d’elle était exact, risquait de bouleverser l’industrie sucrière du monde entier.

 

Il était presque midi et il eut envie d’aller manger en  lisant sa « Libre » à un restaurant discret, à un quart d’heure de son travail où il ne risquait pas de retrouver beaucoup de ses collègues.

Sur son chemin ; en apercevant une cabine téléphonique, il éprouva le besoin incoercible d’appeler son amie.

 

Elle décrocha rapidement, à la deuxième sonnerie et son « Ah c’est encore toi, Ghislain » il comprit que ce ne semblait pas un bon jour pour ses amour et qu’il valait mieux remettre à plus tard le petit saut à Liège qu’il pensait faire le lendemain.

 

    « Ghislain, je t’ai déjà dit que j’étais très occupé ces jour-ci à cause de l’exposition dont je t’ai parlé et puis, je t’avoue que je n’y vois plus très clair sur nos relations à venir. Je sais bien que tu me parles encore des promesses échangées à la « Fleur de Lotus » mais je vois beaucoup de paroles mais peu d’actes. Je ne te reproche rien, surtout pas ton attachement pour ton épouse ou des chers enfants. Mais comprends-moi, je t’aime, je rêve depuis longtemps de me réveiller le matin à tes côtés et nos étreintes un peu furtives ne me suffisent plus.  Dès que je serai un peu plus libre, j’irai te voir une fin d’après-midi à Namur et nous verrons ensemble quel avenir nous pouvons attendre l’un de l’autre.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

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