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Publié par BALCHOY

 

 

Ce fut le radio-réveil qui interrompit brutalement le rêve chaotique d’un Ghislain qui nageait vigoureusement sur la Meuse pour retrouver sa Marthe Liégeoise.

 

Ria, n’était plus dans le lit conjugal, rien que de plus normal puisque le réveil accusait huit heures, il allait une fois de plus arriver en retard au bureau.

 

Puis brusquement il se rappela sa soirée d’hier soir et son pas très joli subterfuge pour réussir à conclure son étreinte. Bien sûr Ria semblait avoir été ravie de retrouver son petit mari si affectueux, mais lui n’était pas fier de cette tromperie morale.

 

Une demi-heure plus tard, il pénétrait dans la salle à manger où seuls les restes de vaisselle et de pain sur la table témoignaient du petit déjeuner de Ria et des enfants qui, sans doute, étaient en ce moment sur le chemin de l’école.

 

En se faisant de bonnes grillées au fromage blanc bien salé, Ghislain oublia un instant tous ses problèmes de l’Institut songeant déjà à sa prochaine rencontre avec Marthe. Où et quand, il n’en n’avait aucune idée mais le besoin de la sentir en ses bras lui taraudait le corps et l’esprit.

 

Il en était à boire sa deuxième tasse de café quand la porte d’entrée s’ouvrit en grinçant comme toujours et que son épouse avec son éternel manteau brun entra dans la pièce et se précipita pour l’embrasser.

 

Dépêche-toi, un peu Ghislain, tu as raté le train de 8 heures, essaye au moins de ne pas louper celui de neuf.

 

Il remarqua une fois de plus, combien le bon sens et l’à propos de Ria lui remettait, comme on dit, les yeux en face des trous et il se hâta de prendre sa serviette qui, à vrai dire, à part une vieille Libre Belgique maintes fois lue et relue ne lui servait qu’à faire bonne contenance vis-à-vis de ses collègues.

 

La Libre du jour, largement étalée sur ses genoux, le trajet Namur-Gembloux ne dura guère plus que la lecture attentive de la page de couverture qui justement parlait d’une enquête sur l’emprise grandissante des sectes dans la vie de certains jeunes…. Il aurait pu facilement ajouter son propre témoignage pour rendre plus concret ce que le journaliste racontait d’une façon un peu abstraite. Il n’avait sûrement pas vécu, comme lui, des semaines d’angoisse et de manipulation dans une de ces pseudo-fraternités qui cherchent soit les sous de leurs adhérents, soit la simple soif de pouvoir sur autrui.

 

Dans ce bureau qu’il partageait avec ce collègue, pas forcément antipathique mais qui l’énervait, il travailla sans grand intérêt.  A vrai dire, il aurait eu plus facile de décrire ce qui ne l’énervait pas, tant depuis son retour un divorce s’était installé entre sa vie concrète au bureau comme à la maison et ses aspirations autant romantiques que brumeuses qui le faisaient vivre par procuration à Liège où pour ainsi dire il ne mettait plus les pieds.

 

A présent, il tentait de s'investir quelque peu dans ce travail inintéressant qu’on lui avait confié ou plutôt dont on s’était débarrasser sur lui pour le punir de sa longue absence.

 

La présence de son voisin l’empêchait d’appeler Marthe, il profita de la pause de midi pour aller manger un steak frites à un petit resto du centre de la ville d’où il savait qu’il était possible de téléphoner discrètement d’une cabine.

 

A sa grande surprise, c’est Marthe qui lui répondit directement. Il lui propose encore de le rejoindre à l’hôtel de Flandre mais au ton même de sa voix, il comprit de suite que son amie était de mauvaise humeur.

 

     -« Ce n’est pas possible aujourd’hui, Ghislain, je termine une commande que j’ai promise pour demain.  D’ailleurs, tu dois comprendre que je dois vivre moi aussi. Tu as ton foyer, ta femme et tes enfants, je ne vois pas bien, quelle est ma place dans tout ça ? Si tu veux-me voir, viens me retrouver à Liège demain après quatre heures ; nous ferons le point ensemble. Tu sais, j’ai moi aussi envie de te voir, mais il nous faudra bien, un jour ou l’autre prendre une décision ferme sur notre avenir peut-être commun. »

 


 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

 


 

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