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Publié par BALCHOY

 

 

 

Les quelques heures qu’il devait encore passer au bureau ne furent guère actives.  Il se mit à feuilleter avec un intérêt qui était tout sauf sincère cette documentation qu’on lui avait fournie. Il y eut bien quelques appels qui s’adressaient au prédécesseur de Ghislain avant sa longue absence. Il avait été promu à un poste un peu remodelé qui correspondait beaucoup à son l'ancienne mission

 

Prétextant qu’il n’avait pas eu le temps de se mettre au parfum de sa nouvelle mission, Ghislain tenta parfois avec succès, parfois en énervant son interlocuteur à transmettre l’appel ce qui lui était d’autant plus facile qu’il savait celui-ci en vacances et sa nouvelle secrétaire incapable de répondre à des dossiers qui avaient beaucoup souffert du voyage de Ghislain en France.

 

Manifestement le jeune biologiste n’était plus du tout passionné par son travail actuel Son avenir avec ou sans Marthe était vraiment son premier sujet de préoccupation.  Certes, il tenait à sa famille mais ne se sentait pas pour autant capable de sacrifier Marthe à la vie toute tracée un peu terne qu’à tort ou à raison il voyait dans le sillage de Ria, très gentille certes, très attentionnée mais pesant si peu devant les perspectives si aventureuses si créatrices que lui offrait son amitié avec Marthe. Mais si elle lui était sincèrement attachée, il sentait bien que la solitude de sa vie actuelle ne résisterait pas à l’épreuve du temps. Il lui fallait se décider assez vite.   Il ne pouvait éluder cette responsabilité ce soir à l'hôtel "Le Flandre" de Namur.

 

Il pointa cinq minutes avant l'heurece qui était assez mal vu, surtout quand il s’agissait de quelqu’un de l’encadrement.

 

Quarante minutes plus tard, il traversait la Place de la gare à Namur et jetant un regard inquisiteur sur la splendide terrasse qui lui rappelait un peu celle prestigieuse de Métropole à Bruxelles.

 

Un peu déçu, car il faisait assez beau, il ne la vit pas et se résigna à entrer dans la salle déjà décorée pour le repas du soir. Il eut beau la parcourir de haut en bas, de gauche à droite, pas de trace de la jolie artiste Liégeoise qui faisait battre son cœur à toute allure.

 

Il resta debout à proximité du comptoir le regard pointé avec impatience vers la porte d’entrée ru restaurant. Il vit bien deux trois copains avec qui il s’était amusé certains week-end  autrefois en fréquentant les bars un peu louches de la rue des brasseurs mais personne qui l'intéressa.

 

Il se sentait tout perdu dans cette foule bavarde qui l’énervait au plus haut point puisque tous ces gens prenaient en quelque sorte le place de son amoureuse ;

 

Brusquement, il la reconnut s’avançant souriante et déterminée vers lui ; il ne l’avait pas vue entrer et brusquement il lui sembla que dans cette immense salle il n’y avait plus que cette femme élégante, habillée avec très bon goût qui lui tendait les bras mais pas ses lèvres qu’il aurait bien voulu embrasser.

 

Salut, Ghislain, excuse-moi de mon retard, mais une fois de plus la SNCB a été digne d’elle-même et mon train  est arrivé ici avec un quart d’heure de retard. Elle lui désigna une table libre dans un coin discret et tous deux s’enfoncèrent dans des fauteuils pourpres profonds et confortables.

 

Alors Ghislain au boulot comment ça va ? Ils continuent à te faire la tête. Tu sais avec ton diplôme et ton expérience ... il n’y a pas que Gembloux sur terre. Je suis sûr que tu peux trouver mieux.

 

Oui, ma chérie, j’en suis tout à fait conscient et je te promets de prendre à ce sujet une décision définitive d’ici quelques mois.  Et toi, as- tu vendu une de tes œuvres, tu sais je ne m’inquiète pas, le grand Van Gogh n’a vendu je crois qu’une seule peinture et aujourd’hui c’est sans doute le plus grand…

 

     -« N’exagère pas Ghislain, je ne me mets pas au niveau de ce grand peintre Hollandais. Je désire seulement que mes sculptures ne soient la copie de personne mais reflètent l’unicité de mon regard sur les hommes et les femmes de notre temps.

 

Après une vingtaine de minutes consacrée à l’art d’aujourd’hui, d’hier et surtout à l’originalité pour Ghislain de l’œuvre de son amie, celle-ci, après avoir regardé sa montre, lui posa une question d’un tout autre ordre qui manifestement  le surprît au point qu'il chercha ses mots avant de lui répondre maladroitement.

 

     -« Ghislain, comment ça va à la maison avec ton épouse et tes enfants ? »

 

 

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

 


 

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