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Publié par BALCHOY

 

 

 

Quelques minutes plus tard, installé à son bureau, ignoré de son collègue et l’ignorant à vrai dire tout autant, Ghislain se mit à étudier de plus près la bibliographie qu’on avait mis à sa disposition pour mieux comprendre les conditions de culture de cette plante sud américaines, susceptible de nourrir des populations très lointaines en des climats plus rigoureux. 

Son directeur, en lui présentant « la pilule » avait tenté de l’amadouer en lui laissait miroiter la possibilité plus tard – il n’y avait pas de budget pour l’instant – d’aller voyager tant à l’endroit où pour l’instant poussait cette plante super utile que, bien  plus tard, vers les régions où on allait tenter de l’implanter.

 

Malgré ses sincères efforts pour se pénétrer de ce qui allait désormais être le centre de sa vie professionnelle, Le biologiste namurois avait bien de la peine de ne pas tourner régulièrement ses pensées et son cœur vers cette artiste Liégeoise, qui depuis plus d’une année ou peut-être, qui sait,  ses vingt ans, tantôt éloignée comme le plus beau des souvenirs, tantôt toute proche,  ne le quittait plus  ni de jour ni de nuit.

 

Il avait une envie folle de rappeler son amie, mais refroidi par son essai matinal, il se contenta de rêvasser à une hypothétique prochaine rencontre, où cette fois, il en était presque sûr, il allait la mettre au pied du mur pour la décider d’aborder ensemble leur avenir.

 

Il était presque 14 heures, il aurait eu de la peine à rappeler le menu de son repas à la cantine, mais, tout en faisant semblant de se concentrer sur la conservation de la graine latino-magique il eut brusquement envie d’entrouvrir prudemment son portefeuille pour retrouver sur une photo passablement écornée les traits adorables de la femme qu’il aimait par-dessus tout.

 

C’est à ce moment-là précis que son téléphone sonna, sa main bondit vers le combiné, persuadé que c’était elle et, miracle, il ne se trompait pas :

 

     -« Bonjour Ghislain, tu ne t’ennuies pas trop au bureau ? »

 

-« Un peu, Marthe (il n’aurait pas osé l’appeler chérie en présence de son collègue bouledogue)…. Je me renseigne pour l’instant sur mon futur travail, mais toi, as-tu progressé dans la finition de ta dernière sculpture ? »

 

     -« Oui, chéri, j’y travaille depuis ce matin, on te l’a dit d’ailleurs quand tu m’as appelé. Mais je ne suis pas tout à fait satisfaite des yeux de mon modèle ; tantôt je les trouve trop sévères, tantôt je les trouve un peu mous et cela me plait encore moins. J’en ai assez pour aujourd’hui.

Crois-tu qu’on pourrait se prendre un petit café au « Comte de Flandre »,  tout à l'heure, près de la gare de Namur. »

 

Ghislain, fou de bonheur de cette invitation, eut envie de se pincer pour se persuader qu’il ne rêvait pas :

 

     -« D’ac- D’accord, ma…ARTHE, rendez-vous là-bas à cinq heures et demie. Nous pourrons prendre ce café, et si tu veux bien, faire un petit tour au parc puis souper ensemble avant que je ne te reconduise à la gare"

 

     -« Oh là, mon petit Ghislain, je veux bien te donner mon petit doigt et tu cherches à t’emparer de mon bras, je ne te promets rien sinon d’être bien là à cinq heures et demie. J’ai besoin de te retrouver, de  t‘écouter et surtout d’y voir plus clair sur demain. A tantôt, je te quitte car on m’attend…. »

 

Ce brusque "au-revoir" surprit  Ghislain  qui n'eut pas le temps d'y répondre  - la communication était déjà coupée - Il se retrouva seul au bureau toujours aussi mal accompagné mais la perspective de revoir dans quelques heures son amie transforma une après-midi d’ennui en attente délicieuse qui le poussa  sur le champ à aller chercher un café à la machine au coin de l’étage pour se débarrasser déjà d’un boulot qui décidément ne l’intéressait plus du tout.

 

 


 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

 


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