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Publié par BALCHOY

 

 

Lendemain, quand Ghislain se réveilla, Ria était déjà en pleine activité, déjà lavée et habillée, à la cuisine, après avoir mis la table du déjeuner, elle s’activait à la préparation du café, du lait et du pain pour le déjeuner.

 

La journée promettait d’être plutôt ensoleillée et Ghislain endossa sa belle robe de chambre en soie, cadeau-héritage de son oncle Georges qui avait été détenu cinq ans dans les stalags allemands avant d’exercer des fonctions importantes dans le monde de la justice.

 

Des petites voix, claires et toutes joyeuses lui apprirent que les enfants occupaient avec Ria la SDB. Il en profita pour descendre calmement l’escalier en bois qui le conduisit à la Salle à manger où de bonnes tartines, de la confiture de framboise et de tranche de fromage gouda l’attentaient sur la table "pimpette."

 

Pour Ghislain, depuis sa plus tendre enfance, le petit déjeuner, appelé déjeuner en Belgique était de loin le repas le plus importante de la journée.

 

Un grille-pain vétuste mais robuste , posé sur le buffet,  lui fournit très vite d’excellentes grillée qu’il beurra plus que généreusement – sa maman pourtant l’avait souvent mis en garde du danger de l’excès des matières grasses, mais jamais Ghislain n’avait vraiment suivi ces conseils judicieux, tant le goût du beurre salé, qu’il n’hésitait pas à mélanger curieusement avec de la confiture, lui semblait la meilleure manière d’embrasser la vie et de se préparer une bonne journée dès le grand matin.

 

Il avait à peine terminé sa première tartine que son fils vint l’embrasser en lui racontant d’avance que ce jour-là il y avait gymnastique et qu’il lui fallait emporter, et donc ne pas oublier, son sac contenant sandales adaptées et uniforme sportif.  Sa fille qui suivit de très peu, sauta à son cou en le couvrant de nombreux bisous qu’il tenta maladroitement de lui rendre. Plus que son frère, elle donnait à son Papa des marques d’affection un peu passionnées qui tout à la fois ne le laissaient pas indifférent même s'il se sentait gêné par cette affection claire et intransigeante qu’elle lui prodiguait.

 Ce matin, avant de partir au boulot, il eut le temps de les conduire à leur école avant de parquer sa voiture à une centaine de mètres de la gare pour éviter tout péage.

 

La lecture traditionnelle de « La Libre » lui permit un moment d’évacuer la plupart de ses interrogations intérieures, mais à la fin du trajet le visage, le sourire et le corps adorable de Marthe chassèrent peu à peu les leaders flamands et wallons qui ne cessaient de se chamailler pour des broutilles le plus souvent.  Il lui fallait aujourd’hui l’appeler et tenter d’élaborer avec elle un plan pour concrétiser, au moins à moyen terme, ces projets d’avenirs qu’ils avaient si souvent échafaudé lors de leur périple français.

 

Arrivé à Gembloux, n’étant pas sûr de pouvoir appeler son amie discrètement en son entreprise, il sortit de son portefeuille une carte téléphonique et se dirigea vers une cabine, qui semblait fonctionner.

 

Il composa le numéro de cette amie chez qui vivait Marthe et cette dernière lui répondit dès la troisième sonnerie/

 

     -« Allo, je suis Ghislain Mignolet. Est-il possible de parler avec Marthe, svp ? »

 

La voix de sa correspondante, très agréable au début lui parut se crisper un peu, comme si elle cherchait une réponse plus adaptée aux circonstances qu’exacte :

 

     -« Et bien, Monsieur, ... c’est difficile ce matin, elle vient de sortir pour se rendre à un atelier où elle doit finir une sculpture promise pour fin de cette semaine. Je ne manquerai pas de lui rappeler votre appel à son retour, peut-être à midi, mais je ne peux rien vous promettre. Rappelez si vous le pouvez un peu avant 13 h. Je suppose par ailleurs qu’elle a votre numéro pour vous rappeler… »

 

     -« Merci, Madame, je ferai comme vous dites, bonne journée. »

 

En raccrochant, Ghislain, très septique, se demanda si Marthe était vraiment absente ou si son amie, de connivence avec elle avait remis à plus tard une « explication » nécessaire entre eux.

 


 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 

 


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