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Publié par BALCHOY

 

 

 

Au bout de trois sonneries, la voix de Ria lui parvint avec une présence extraordinaire qui lui insuffla toute l’angoisse que subissait son épouse.

 

     -« Allo, qui est à l’appareil ?  C’est toi, Ghislain, Mon Dieu, comme je suis heureuse, tu nous reviens, c’est vrai ? Dis-moi d’abord comment tu vas ? Tu sais, nous avons vécu des jours d’enfer, un jour on te croyait mort et, le lendemain, la police nous disait qu’ils étaient sur une piste sérieuse et que sans doute, tu étais vivant. Pourquoi ne nous as-tu jamais appelés ? »

 

Ghislain se sentit comme pris au piège. Il était ému par cette femme avec qui il avait partagé tant de jours heureux et malheureux. Non, ce n’était pas de la pitié, ce serait trop horrible qu’il ne reste que ça de leur union, ce n’était plus de l’amour, il aurait tant voulu que ce soit de l’amitié, une amitié vraie qui, il le sentait fort, était la meilleure chose qui puisse leur arriver, la seule en tout cas qui puisse défier l’avenir.

 

     -« Bonjour Ria, oui, je vais bien, ma vie ces derniers temps n’a pas été rose, tous les jours, nous en parlerons longuement plus tard ; comment vont les petits, j’ai soif de les revoir ; tu sais, j’arriverai vers 17 heures à la gare de Namur,  je serai heureux de souper avec vous. »

 

En prononçant ces mots, Ghislain eut l’impression que celui qui parlait à Ria était comme un double étranger de lui-même ; devant le dérisoire de ses paroles au regard de ce qu’il éprouvait, il avait honte.

 

Certes, il était heureux d’entendre la voix de Ria qui, il le savait l’aimait ; non seulement il n’avait rien à lui reprocher, mais elle lui restait très chère même si le surgissement de Marthe, comme un raz-de-marée avait emporte son amour loin au large.

 

Quand il eut raccroché, il rejoignit son amie qui l’attendait, un peu narquoise, près du composteur :

 

     -« Et bien, chéri, comment ça a marché ? Les grandes retrouvailles, l’enfant prodigue qui revient au foyer, tout cela est bien émouvant !... »

 

Ces propos désabusés furent à Ghislain comme un coup de poignard, dont il dut bien avouer en ses for intérieur qu’il les méritaient bien ? Il ne tenta pas de répliquer. N’était-ce pas elle qui avait raison ?

 

 

 

(à suivre)



Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

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