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Publié par BALCHOY

 

 

Si le trajet ne fut pas long, il leur parut plus court encore, tant la passion bouillonnait en eux.

 

Si on leur avait demandé le lendemain la couleur de leur taxi, le montant de la course, la tête du portier de nuit qui les avait accueillis, leurs réponses auraient sans doute été aussi vagues que contradictoires.

 

Dès qu’ils se retrouvèrent dans leur chambre, ils se dépouillèrent de leurs vêtements comme si ceux-ci leurs brûlaient la peau, se précipitèrent sous la douche où ils se savonnèrent mutuellement d’une façon sans nul doute plus érotique qu’hygiénique.

Jusqu’au petit jour, leur nuit fut un éblouissement mutuel où tout ce qu’ils avaient vécu en dramatique se mua brusquement en décontraction totale de leur esprit et de leur corps. Plus rien n’existait que l’instant présent qui s’appelait caresse, volupté, communion intense.

 

Au petit matin, alors que le bruit de la rue commençait à croître, ils sombrèrent, étroitement enlacés dans un sommeil profond dont ils n’émergèrent qu’à midi, un peu gênés du désordre qui régnait dans leur chambre où leurs vêtements épars trahissaient combien leur excitation lors de leur arrivée à l’hôtel.

 

Cette fois, ils se partagèrent tour à tour la salle de bain comme si leur nudité devenait comme une gêne entre eux au moment où s’entamait une nouvelle phase dans leur existence.

 

Quittant l’hôtel, ils gagnèrent le guichet des trains internationaux où, à la question de l’employé sur leur destination, après un bref regard interrogatif, ils se résolurent à entériner leur séparation en prenant, Marthe, un billet pour Liège, tandis que Ghislain repartait avec un ticket pour Namur.

 

Prenant un air faussement enjoué, tous deux allèrent manger un steak-frites, le premier depuis bien longtemps dans un restaurant qui anticipait, en quelque sorte leur retour, puisqu’il s’appelait « A la ville de Namur. »

 

Ghislain demanda à Marthe comment ils allaient se revoir et quand. Un peu nerveuse, la jeune femme lui répondit d’une voix un peu cassante qu'elle n'en savait rien.

 

(à suivre)



Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

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