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Publié par BALCHOY

 

Une heure plus tard, à plus de cent cinquante à l’heure, l’express de Paris traversait la Provence endormie qui ne laissait percevoir de ses trésors que de rares lumières tremblantes et blafardes qui leur criaient tantôt un bonheur intense, tantôt une solitude farouche qui leur faisaient tout à tour chaud et froid au cœur.

 

Appuyés l’un contre l’autre, réchauffés l’un par l’autre, ils sombrèrent dans un sommeil agité, plein de rêves enflammés, dont un chaos plus violent les faisait sortir un instant, le temps de se regarder avec tendresse, pour retomber presqu’aussitôt dans cette inconscience qui avait au moins le mérite de les préserver des soucis d’un futur devenu si proche ?

 

 

 

C’est Marthe qui se réveilla la première ; pendant une demi-heure, elle veilla le sommeil de son compagnon devenu paisible comme celui d’un enfant, puis, à la première approche de Paris, toujours endormi, elle le réveilla doucement en l’embrassant d’une façon quasi maternelle.

 

     -« Quoi ? Où sommes-nous, chérie, quelle heure est-il ? »

 

Ghislain se frottait vigoureusement les yeux ; manifestement son sommeil avait été interrompu au plus mauvais moment et il avait bien de la peine à « émerger.

 

On était encore au cœur de la nuit et la Capitale ne donnait d’elle-même qu’un spectacle « SONS & LUMIERES » lumineux comme un immense cirque d’hiver se déroulant le long de la voie ferrée, éclatant de ce bruit sourd et étouffé qui est comme l’atmosphère des grandes métropoles.

 

Eux qui avaient vécu des semaines, sinon des mois durant dans le silence monastique ne pouvaient pas ne pas entendre ce grondement d’autant plus menaçant que ceux qui le côtoient ne l’entendent plus.

 

Gare d’Austerlitz, le haut-parleur répétait sans cesse ce mot qui résonnait dans leur tête comme une dernière bouffée d’oxygène avant le retour à la « Réalité », une réalité qui leur faisait peur à tous deux.

 

A la sortie de la gare, ils se laissèrent tomber dans un taxi, pour rejoindre au plus vite leur hôtel, situé leur avait-on dit, à une petite heure à pied de la gare. A l’arrière de la voiture, ils se serrèrent étroitement l’un contre l’autre, ne cessant de s’embrasser, comme si leur nuit, leur dernière nuit, commençait déjà.

 

(à suivre)



Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

 

 




 

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