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Publié par BALCHOY

 

 

Les rideaux de ses chambres étaient trop fins pour maintenir l’obscurité dans la chambre minusculede Ghislain qui lui rappelait sa chambrette au collège franciscain de son adolescence.

 

Il avait prétexté au bureau une démarche administrative pour prendre congé la matinée. Mais ce n’était pas une raison pour traînasser au lit.

 

Quelques instants plus tard, en pyjama, il descendait avec précaution l’escalier difficile du grenier, pour se rendre à la Salle de bain,plus vétuste que jamais  où il se fit rapidement une toilette de chat avant de retrouver ses parents déjà au rez-de-chaussée.

 

Il embrassa sa maman affairée à la cuisine qui le pria de passer à à la salle à manger pour déjeuner à la "belle table", mais s’y rendit en passant par le bureau pour saluer son papa qui dessinait  sur une grande feuille de papier la décoration de son prochain tapis.

 

     -«Bonjours fiston, as-tu bien dormi ? »  Je suis content que tu aies retrouvé le chemin de la rue du collège. Sache que tu y restes toujours le bienvenu."

     -« D’accord, Pa, je déjeune, puis j’aurai un ou deux coups de fil à donner, j’irai ensuite chercher « La Libre » car j’ai un peu perdu de vue les nouvelles de notre pays. »

     -« Tu n’as rien perdu, Jean- Pierre, les nouvelles de Belgique et du monde sont chaque jour un peu plus désastreuses, des guerres un peu partout et chez nous Wallons et flamands n’arrêtent pas de se chamailler comme des chiffonniers. »

A table, Ghislain retrouva avec plaisir les pistolets de son enfance, croquants et savoureux qu’il beurrait sans retenue et trempait dans le bon café noir de sa maman.

Il appela ensuite Ria, qui lui dit que tout allait bien avec les enfants qu’elle allait conduire à l’école puis le pria de transmettre ses amitié à ses parents.

 

Sur le chemin de la papeterie ensuite, il frissonna car l’humidité du fleuve tout proche s’additionnait avec la fraîcheur de l’air.

Sur la première page de la « Libre Belgique », une grande photo en noir et Blanc relatait la rencontre difficile entre le premier Ministre et un leader syndicaliste de la métallurgie liégeoise qui réclamait justice pour les ouvriers de sa région.

 

A la maison, il en partagea la lecture avec son Père avant d’entamer avec lui une discussion plus passionnée que passionnante sur les guerres coloniales et leurs injustices.

 

Son Père, qui avait été colon au Maroc au temps de Lyautey, avait des idées bien carrées surce sujet et bientôt le ton monta entre le Père et le fils au point que sa chère Maman vint au bureau pour dédramatiser la situation.

Il n’avait pas le temps d’attendre le dîner ; Il passa à la cuisine prendre une bonne assiette de soupe aux tomates à lafaçon de sa mère.

 

Déjà il était dans le train qui cheminait à petite allure de pont en pont, de tunnel en tunnel vers Namur puis Gembloux où il arrive juste à quatorze heures et put pointer à temps.

 

Il fut heureux de se trouver seul en son nouveau bureau qui lui restait étranger et désagréable comme son collègue.

Dans le tiroir où ce dernier avait laissé en broc » des papiers personnels anciens, il retrouva une lettre de Marthe qui le fit rougir, surtout en pensant à la réaction de son collègue qui sûrement avait tout lu et épluché avec une curiosité malsaine.

 

 

 

Yvan Balchoy

yvanbalchoy13@gmail.com

http://poete-action.ultim-blog.com

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